Lettres sur l’Italie en 1785 par M. Dupaty


Ce soir je voudrais évoquer un ouvrage de Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier Dupaty, Lettres sur l’Italie en 1785, publié en 2 volumes in-18 en 1788.

L’édition que je possède (tome 1 seulement ;-)) est celle de 1793 parue à Lausanne chez Jean Mourer.

lettres-sur-litalie

 

Le nom de l’auteur n’est pas présent sur la page de titre mais on trouve au début un long éloge de M. le président Du Paty.

L’encyclopédie Wikipédia apporte quelques renseignements sur l’auteur et sur l’ouvrage :

« Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier Dupaty, né à La Rochelle en 1746, mort à Paris en 1788 est un magistrat français.

Il fut avocat général, puis président à mortier au parlement de Bordeaux. Il se fit un nom comme homme de lettres et par son intégrité comme magistrat.

Ses principaux ouvrages sont :

  • Mémoire pour trois hommes condamnés à la roue (il réussit à leur sauver de la roue) ;
  • Réflexions historiques sur les lois criminelles ;
  • Lettres sur l’Italie, 1788.
    Ce dernier écrit eut du succès en France, grâce à un certain sentiment de l’art et à la philosophie du temps, mais Rome le mit à l’Index. »

Plusieurs éditions sont disponibles en ligne et en téléchargement :

http://books.google.fr/books?q=editions:0sazWMo4oHJeNk-3Fw&id=1oywkpIysBkC

Cet ouvrage a été mis à l’index par le Vatican. Une édition expurgée est parue en 1840 chez Mame à l’usage des enfants.

Hoefer dans sa nouvelle biographie générale évoque cet ouvrage :

« Cet ouvrage estimé par La Harpe comme un des plus ingénieux de son siècle a été jugé de nos jours avec plus de sévérité. On y trouve de la prétention une trop grande recherche d’originalité puis la phraséologie de l époque. D’autres rapporteront de Rome disait Dupaty des tableaux des marbres des médailles des productions d’ histoire naturelle moi j’en rapporterai des sensations des sentiments et des idées surtout les idées les sentiments et les sensations qui naissent au pied des colonnes antiques sur le haut des arcs de triomphe dans le fond des tombeaux en ruine sur les bords inconnus des fontaines. Les passages de ce genre abondent et si le naturel y manque parfois au moins faut il reconnaître qu’ils offrent un grand mérite. » Extrait de : Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources a consulter / Jean Chrétien Ferdinand Hoefer

J’ai trouvé une autre critique (acerbe celle-ci) du livre de Dupaty :

« Dupaty ne comprend pas la vraie beauté de Rome il ne sent pas les arts dont il parle sans cesse il admire de confiance sans discernement. Ne croyez pas que Saint Pierre à première vue trompe son attente au contraire il la dépasse la porte du Panthéon lui paraît sublime. C’ est bien la porte d’un temple c’est bien la porte par laquelle devaient s’écouler les flots des nations que toutes les superstitions de l’univers continuellement poussaient là . Voilà une porte qui dit bien des choses et rappelle un peu cet article du programme de l’ académie de Troyes mettant au concours la statue de Didon Indiquer qu’ elle a fondé Carthage. Est il rien de plus lourd de plus fastidieux de plus irritant que ces lettres du président Dupaty. Ces grands souvenirs que l’ auteur évoque à chaque pas pour les orner de ses grâces élégiaques et de ses mièvreries philosophiques font penser à l’ histoire romaine mise en ballet. Ce n est qu’ ornements froids et méthodiques phrases pompeuses et vides périodes arrondies antithèses cherchées et au milieu de tout cela un perpétuel sourire d’ homme satisfait. Eh bien tel était le goût du temps que ces lettres eurent à leur apparition le plus brillant succès et se croire un homme de génie ». Extrait de : Revue Contemporaine, T49, Apr. 1852-Mar. 1854

En ce qui me concerne j’ai pris un immense plaisir à lire ces lettres qui abordent l’Italie mais aussi Monaco, Nice et Toulon. Dupaty tourne admirablement bien ses phrases, la conclusion est toujours un pur plaisir de lecture. Ses préoccupations (état des galériens, lois et gouvernements) en font un homme engagé profondément contre la royauté (il fit de la prison), pour une justice équitable. Mais la description des monuments et des tableaux est aussi très présente et pleine de charme.

Quelques extraits :

« A Nice, point de moeurs, peu de religion, mais beaucoup de dévotion, c’est à dire d’hypocrisie » (Lettre V)

 » On a dit ,qu’il y’a de la femme dans tout ce qu’on aime ; on peut dire qu’il y’a quelque chose de la Vénus de Médicis dans tout ce qui charme » (lettre XXX)

On trouve sur Internet l’édition originale en vente au prix de 160 €, l’édition expurgée autour de 45 €.

Pour aller plus loin :

Italies. Anthologie des voyageurs français aux XVIIIe et XIXe siècles / Yves Hersant. Laffont, 2007. ISBN 978-2-221-05588-5

Le voyage français en Italie : actes du colloque international de Capitolo – Monopoli, 11-12 mai 2007. Schene Editore ; Editions Lanore, 2007. ISBN 978-2-85157-357-5

Léo Mabmacien

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