Les Priapées de Maynard, un curiosa


Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un livre de François Maynard, édité en 1864 par Jules Gay : Priapées de Maynard, publiées pour la première fois d’après les manuscrits, et suivies de quelques pièces analogues du même auteur, extraites de différents recueils.

L’adresse de l’éditeur et le lieu sont purement fictifs :

Freetown, imprimerie de la Bibliomaniac Society, 1864. In 12, 71 pages.

En fait imprimé à Bruxelles, par Jules Gay en 1864 !

Page de titre
Page de titre
Couverture brochée
Couverture brochée

D’après l’avertissement cette édition présente des pièces « enfouies aux manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal » (ms. 3127, fol. 35). La BNF possède 2 exemplaires de ce volume sous la cote Enfer numéros 377 et 378 ! Chose amusante la Bibliothèque municipale de Toulouse en possède un exemplaire mais la notice catalographique reprend uniquement la fausse adresse ;-))

Venons en à l’auteur de ces Priapées, François Maynard, poète français, membre de l’Académie Française (né en 1582 et mort en 1646). Une petite description est disponible sur Wikipédia. J’ai trouvé aussi cette petite notice fort intéressante :

« FRANÇOIS MAYNARD FRANCOIS MAYNARD président d Aurillac né à Toulouse vers 1583 mérite au jugement de Voltaire d être compté parmi ceux qui ont annoncé le siècle de Louis xiv Il vint fort jeune à la cour et y fut secrétaire de la reine Marguerite En i634 il fit un voyage à Rome à la suite de Francois de Noailles comte d Ayen ambassadeur auprès du saint siége A son retour en France Maynard se lia avec ce qu il y avoit de plus distingué dans les lettres et se vit recherché des grands 5 mais sa fortune n en devint pas meilleure et ce fut pour lui un sujet inépuisable de plaintes qu on ne peut lui pardonner qu en faveur des bons vers qu elles nous ont valu Tout le monde connoît ces fameuses stances où après avoir prodigué les plus grands éloges au cardinal de Richelieu il lui dit en parlant de François i Mais s il demande à quel emploi Tu m as occupé dans le monde Et quel bien j ai reçu de toi Que veux tu que je lui réponde Ce mot cruel rien fut dit on la seule réponse de Richelieu Maynard fit un second voyage à Rome sous la régence d Anne d Autriche Mais peu de temps après fatigué d encenser en pure perte les idoles du jour il dit adieu à Paris dans un sonnet où respire la plus noble indépendance se retira à Aurillac et fit graver cette belle inscription sur la porte de son cabinet Las d espérer et de me plaindre Des muses des grands et du sort C est ici que j attends la mort Sans la desirer ni la craindre 1l mourut le 28 décembre i646 il avoit reçu quelque temps avant sa mort un brevet de conseiller d état » Les Poètes françois, depuis le XIIe siècle jusqu’à Malherbe publié par Pierre René Auguis


Pour vous donner l’eau à la bouche : page 13 des Priapées :

un petit passage érotique !
un petit passage érotique !

Ils en parlent :

Le Dictionnaire historique, ou histoire abrégée de hommes qui se sont fait un nom par leur génie, leurs talens, leurs vertus, leurs erreurs or leurs crimes, depuis le commencement du monde jusqu’a nos jours De François-Xavier Feller (édition 1833) parle de ces priapées :

« Maynard était encore connu de son temps par ses Priapées poésies infâmes dignes d’un éternel oubli. Elles n’ ont pas vu le jour. Ses œuvres ont été publiées quelques mois après sa mort avec une préface de Marin Leroy de Comberville, Paris 1646 in 4  »

Les Priapées n’ont jamais vu le jour comme le montre cet extrait sur Conrat, censeur de l’époque :

Texte non disponible
Mémoires concernant les vies et les ouvrages de plusieurs modernes célèbres dans la république des lettres De Charles Ancillon, Benjamin Aubery Du Maurier

Il fallut donc attendre Jules Gay et son édition pour que ces poèmes puissent être édités (et encore clandestinement !). Il est intéressant d’évoquer Jules Gay, libraire, éditeur, bibliographe spécialisé dans la littérature galante mais aussi théoricien socialiste ! Il eut à subir de nombreux procès (d’où les adresses fictives comme pour cet ouvrage !), dut quitter la France pour Bruxelles…en 1864 ! Une bibliographie des oeuvres éditées par Jules Gay est disponible sur le site Texte rares.

Bonne lecture !

Léo Mabmacien

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3 réflexions au sujet de « Les Priapées de Maynard, un curiosa »

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