Le jugement de Pâris : poème en IV chants par Barthélémy Imbert


Je voudrais vous présenter l’ouvrage suivant et son auteur :

Page de titre

Le jugement de Paris : poème en IV chants [suivi de Œuvres mélées] / Barthélémy Imbert. Amsterdam [Paris] : [s. n.], 1772, in-8

Le superbe titre frontispice est gravé par Moreau le Jeune (1741-1814) et les quatre en-tête sont gravés par Pierre-Philippe Choffard dont voici la notice extraite de la Biographie universelle de Michaud :

Texte non disponible
Biographie universelle, ancienne et moderne; ou, Histoire, par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes De Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel Michaud

Cette édition est décrite comme la plus belle et la plus recherchée par Michaud dans sa Biographie universelle. Malheureusement il manque dans cet ouvrage les 4 figures gravées par Moreau ! Heureusement un sympathique lecteur m’a envoyé les 4 gravures manquantes qui sont reproduites ici :

Moreau

Moreau_1

Moreau_2

Moreau_3

L’encyclopédie Wikipédia nous présente son auteur et évoque Le jugement de Parîs, son grand succès à l’époque :

« Barthélemy Imbert, né à Nîmes le 16 mars 1747 et mort à Paris le 23 août 1790, est un auteur dramatique, poète et romancier français.

Après avoir fait ses études dans sa ville natale, Imbert vint à Paris où il se fit une réputation par le Jugement de Pâris, petit poème en quatre chants, en vers de dix syllabes (Paris, 1772, in-8°). Un plan ingénieux, une agréable facilité, une gracieuse élégance, firent un succès rapide à cet ouvrage. L’auteur fit ensuite des comédies, des tragédies, des romans, des fables, des contes en vers et en prose, qui tombèrent dans l’oubli. »

Pour en savoir plus voici aussi sa notice trouvée dans la Biographie universelle :

Texte non disponible
Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes Ouvrage entièrement neuf, De Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel Michaud

Barthélémy Imbert est effectivement tombé dans l’oubli aujourd’hui. Reste sa principale oeuvre qui nous intéresse ici.

Un avertissement est proposé par l’auteur qui déjà, constate que « le public ne lit presque plus les vers » (que dirait-il aujourd’hui !). L’auteur justifie ensuite son utilisation éculée du mythe du jugement de Parîs.

L’Oeuvre tourne donc autour du jugement de Parîs, qui dans la mythologie grecque eut à départager un jour Aphrodite, Héra et Athéna qui se disputaient une pomme d’or (voir le premier en-tête) avec l’inscription « à la plus belle » (« fameuse pomme de discorde » lancée par Eris, déesse de la discorde). Pâris, en simple mortel, se vit promettre de chacune un bel avenir : un royaume pour Héra (voir le 2e en-tête), la sagesse et la victoire dans les guerres pour Athéna (voir le 3e en-tête), l’amour de la plus belle mortelle pour Aphrodite (voir le 4e en-tête). Il choisit bien évidemment Aphrodite…

Imbert dans son poème a pris les noms romains des déesses qui s’appellent donc Junon, Pallas et Vénus. Parîs est lui transposé à la Cour (des Troyens) et est un jeune berger.

Quelques extraits du poème…les pages 13 et 14 qui décrivent les trois immortelles :

Le jugement de Parîs page 13
Le jugement de Parîs page 13
Le jugement de Parîs page 14
Le jugement de Parîs page 14

Voici les 4 magnifiques en-têtes gravés par Pierre-Philippe Choffard :

gravure
remarquez la pomme avec écrit « A la plus belle » et les trois serpents représentant les trois déesses ! Ca ne vous rappelle rien ?
gravure
en-tête représentant la promesse d’Héra (un royaume) : remarquez ses attributs et symboles : paon, sceptre, diadème…
gravure
la promesse d’Athéna : guerre et sagesse ! remarquez les attributs et les symboles : chouette, lance, casque…
gravure
la plus belle promesse : l’amour (tout fonctionne en couple : oiseaux, anneaux..). Regardez-bien : « la nudité est cachée » ! Là aussi on trouve les attributs et symboles d’Aphrodite : colombe ?, ceinture, nudité…

Une petite critique sur le Jugement de Parîs :

Texte non disponible
Correspondance littéraire,. De Friedrich Melchior Grimm, Denis Diderot, Jacques-Henri Meister, Jules Antoine Taschereau, A. Chaudé

L’édition complète de 1772 se trouve sur Internet autour de 300 €, 200 € en couverture brochée.

Léo Mabmacien

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3 réflexions au sujet de « Le jugement de Pâris : poème en IV chants par Barthélémy Imbert »

  1. Superbe ! Merci.

    Ca c’est apprendre aux lecteurs de ce blog à devenir bibliophile !
    Et surtout à redécouvrir des textes oubliés ou que la majorité bien pensante croit surannée, majorité, qui, au lieu de se préoccuper de l’évolution des cours de bourse et de la valeur spéculative des livres, ferait mieux de les lire et de les apprécier.

    Amitiés, Bertrand

  2. Merci Léo, double but : vous remettez en mémoire le bon Imbert et son  » Jugement de Paris » et vous faites replonger dans les rayons de la bibliothèque.

    Nous serions voisins de palier, je vous passerais
    les « Historiettes ou Nouvelles en vers » par M. Imbert. à Amsterdam (Delalain, Paris), 1774. In-8, 1 titre dessiné et gravé par Moreau, 1 figure et 4 vignettes par Moreau gravées par Masquelier et Née.

    Un extrait pour vous et Bertrand (toute ressemblance etc, honni soit qui mal y pense !) et pour donner envie à ceux qui ne connaissent pas :

    La partie remise (conte X)

    Avec Lisette, Oronte vouloit faire…
    Quoi ? ce qu’on fait avec jeune tendron.
    Oui ; mais vouloir n’est tout en cette affaire
    Plus d’une fois chez un octogénaire,
    Le cœur dit oui, quand le reste dit non.
    Pour accomplir ce doux mystère,
    Il use en vains efforts sa vigueur éphémère ;
    Lise se prête & fait tout pour le mieux.
    Mais, ô disgrâce ! au fond du sanctuaire
    Le feu sacré s’éteint ; plus d’encens pour les dieux.
    Lise tout bas pestoit contre les hommes ;
    Quand celui-ci, se rajustant sans bruit :
    Mon cœur, dit-il, marquez où nous en sommes ;
    Je reviendrai pour finir cette nuit.

    Cohen a raison, Les figures en sont charmantes.

    …Et il est vrai aussi que ces historiettes n’ont aucun but moral comme dit la Biographie Universelles qui oublie de dire qu’elles sont quand même bien rigolotes !

    Bien à vous

    Raphael

  3. Merci Bertrand, merci Raphaël !

    Le livre est une valeur « refuge » effectivement mais de refuge vers le plaisir et la découverte ! Ravi que cela vous plaise Bertrand !

    Merci pour ce ravissant petit extrait Raphaël qui donne envie de redécouvrir cet auteur et ses oeuvres…

    Bien à vous

    Léo

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