Visions de la bibliothèque par Umberto Eco


 

debibliotheca

Travaillant en bibliothèque il m’arrive de tomber sur un ouvrage par pur hasard. Tel est le cas de ce petit ouvrage d’Umberto Eco, proposant le texte d’une « conférence prononcée le 10 mars 1981 pour célébrer le 25e anniversaire de l’installation de la Bibliothèque communale de Milan dans le palais Sormani ».

De Bibliotheca / Umberto Eco ; traduit de l’italien par Eliane Deschamps-Pria ; frontispice de M. H. Viera da Silva. Caen : l’Echoppe, 1986. – 31 p. ISBN 2-905657-09-X (7,50 €)

Il est toujours disponible à la vente mais on peut trouver en ligne le texte de la conférence.

Je vous invite à lire l’article de Martine Darrobers écrit lors de sa parution dans le  BBF (Bulletin des Bibliothèques de France) en 1986. L’article est disponible en ligne.

Umberto Eco évoque avec son point de vue de chercheur, de professeur, la bibliothèque telle qu’elle devrait exister idéalement, à l’usage du lecteur et de son bien-être, un lieu ouvert et facile d’accès. Il cite deux bibliothèques pour lui modèles, celle de la bibliothèque de l’Université de Toronto (Canada) et la Sterling Library de Yale (USA).

Il liste notamment la « mauvaise bibliothèque » : « on découragera le prêt », « le service de renseignements pour les lecteurs devra être inaccessible »… avec un certain humour.

Il est intéressant de voir 27 ans plus tard ce qui a changé ou non dans les bibliothèques.

Umberto Eco évoque déjà la question (épineuse) des horaires d’ouverture au public : à Toronto et à Yale les bibliothèques proposent déjà une ouverture jusqu’à minuit et même le dimanche… Il parle aussi de l’importance de la restauration et d’un lieu de détente, endroits qui font encore trop souvent défaut en bibliothèque et rebutent les conservateurs !

Par comparaison en France on en est encore loin, l’ouverture le dimanche commence juste à se développer dans les bibliothèques municipales et les bibliothèques universitaires sont celles qui sont les plus ouvertes. On dépasse rarement les 20h en soirée en moyenne.

Il cite aussi l’importance du libre-accès au document qui  est très peu développé en Italie. Aujourd’hui la plupart des bibliothèques offrent cette condition (les bibliothèques patrimoniales faisant de la résistance de part leurs collections et l’architecture des bâtiments). Il en fait une condition sine qua non !

Il évoque déjà l’importance et l’avantage pour lui de pouvoir consulter une oeuvre sur un support tel que le cédérom (l’accès est démultiplié) ou les microfiches (il n’y a pas encore internet !).

Autre sujet abordé :  la « xérocivilisation », c’est à dire la civilisation de la photocopie. Service immense pour les lecteurs mais problématique pour les éditeurs qui publient donc d’un côté des livres scientifiques très chers et destinés aux bibliothèques (« les éditeurs publieront presque exclusivement pour les bibliothèques »), et de l’autre des ouvrages visant le grand public mais de mauvaise facture (il cite Gallimard).

Umberto Eco n’avait pas tort mais il n’a pas vu que les éditeurs se sont adaptés aux étudiants en proposant aussi des manuels bon marchés et très calibrés au niveau du sujet traité… Il est vrai qu’une grosse part des ouvrages spécialisés ou très pointus sont achetés uniquement par les bibliothèques. Il suffirait aussi de se pencher vers les bases de données en ligne qui posent un véritable soucis aux bibliothèques en raison de leurs coûts exponentiels… Pour information par rapport aux photocopies, en France il existe une taxe sur les photocopieurs (reversée aux auteurs, éditeurs..) et la loi sur le droit de prêt en bibliothèque permet de compenser le « photocopillage ».

Plus loin il insiste sur la notion d’éducation du lecteur et touche là un point essentiel à mon avis : « il faut apprendre aux enfants comment on se sert d’une bibliothèque ». C’est encore loin d’être le cas aujourd’hui..

Un texte matière à réflexions, entre mise à disposition et conservation des documents.

Et pour terminer une citation extraite du livre : « La fonction idéale d’une bibliothèque est donc un peu semblable à celle du bouquiniste chez qui on fait des trouvailles ».

Léo Mabmacien

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2 réflexions au sujet de « Visions de la bibliothèque par Umberto Eco »

  1. “il faut apprendre aux enfants comment on se sert d’une bibliothèque”

    …aux parents?

  2. Bonjour

    Je vis en cote d ivoire en Afrique. Je suis entrain de creer une bibliothèque pour jeunes.

    J’ai besoin de livres et d’ordinateurs.

    Merci de m ‘aider.

    Kouadio

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