Livres anciens à l’abandon : au Luxembourg il n’y a pas que des banques


page d'accueil du site de la BNL (très dépouillé)
page d’accueil du site de la BNL (très dépouillé)

La sauvegarde des documents patrimoniaux laisse parfois à désirer, par manque de formation du personnel, par désintérêt, parce que ce n’est pas une priorité… Autant de prétextes et autant de conséquences pour ces livres anciens livrés à eux-mêmes. On peut très bien imaginer cela pour une bibliothèque possédant un petit fonds ancien mais de là à trouver le pire dans une Bibliothèque nationale ! Je suis tombé par hasard sur un article paru en 2001 dans un hebdomadaire luxembourgeois (D’Lëtzebuerger Land ) :

« …pour me divertir, dans cette roche affreuse, une bibliothèque », 24 août 2001
Considérations sur le sort des fonds historiques de la Bibliothèque nationale

L’auteur de cet article est Claude Weber, il est conservateur à la Bibliothèque nationale du Luxembourg et il est intéressant de découvrir qu’il a été « éloigné » de son poste entre 2000 et 2004 à cause de ses prises de position au sujet des dysfonctionnements de la Bibliothèque nationale.

Cet article a été écrit après la suspension de Claude Weber de son poste. Il évoque la spécificité des fonds de la Bibliothèque nationale qui n’existe que depuis 1899 ! Le fonds ancien est assez peu fourni pour diverses raisons : désastres, absence de cour, vie intellectuelle  limitée (l’Université ne date que de 2003 !) A partir de ce constat il montre avec justesse que le but de la Bibliothèque nationale n’est pas d’acquérir des livres d’heures  « ou de dépenser une fortune pour acquérir quelques incunables sur le marché du livre ancien. » Il s’agit au contraire de valoriser l’existant c’est à dire le fonds déjà présent et de l’étoffer ! C’est ce que font par exemple les bibliothèques municipales en France avec l’aide des FRAB (Fonds régionaux d’acquisitions pour les bibliothèques). L’auteur invite la bibliothèque à se recentrer sur ses principales missions et principalement sur la conservation et la valorisation : « imiter les grandes bibliothèques homologues de l’étranger ne doit pas consister à collectionner les mêmes objets que ces institutions-là, mais à s’inspirer des soins dont celles-ci entourent leurs collections. »

Vient ensuite une présentation des conditions de conservations du fonds ancien pas piqué des vers : mauvaise manipulation du public et du personnel, absence de salle spécifique de consultation, volumes logés dans les combles, pas d’entretien des livres, locaux dangereux, catalogage partiel, pas d’atelier de restauration…

Un vrai cauchemar pour tout bibliothécaire ou « amoureux des livres »… Quelques solutions sont suggérées mais il suffirait de faire le contraire de ce qui est réalisé pour transformer la bibliothèque, protéger ses fonds et les valoriser…

Quoi de neuf ?

Vous allez me dire : qu’en-est-il après tout ce temps ? Et bien la Bibliothèque nationale est toujours dans le même bâtiment, le fonds patrimonial est normalement maintenant en sous-sol (évoqué dans l’article) mais semble-t-il pas imperméable à une inondation des étages et pour le reste je n’ai pas trouvé d’informations… Sur le site de la Bibliothèque nationale on trouve très peu de choses : la consultation des documents de la réserve se fait sur rendez-vous, il ne semble pas y avoir de salle de consultation spécifique…

Le seul point intéressant est la mise en ligne de documents numérisés ayant trait au Luxembourg et accessible via un portail spécifique intitulé : Luxemburgensia. Malheureusement le nombre de documents numérisés est ridiculement bas ! Un avantage cependant : on peut réutiliser les documents grâce à une licence creative commons (non commerciale bien entendu).

Si quelqu’un peut nous donner plus d’informations (amis et amies luxembourgeois par exemple, conservateurs…) n’hésitez pas à laisser vos commentaires ici.

Pour en savoir plus :

Le site de la BNL

Les détails de l’affaire et du procès

Déi éischt Lëtzebuerger Bicher

L’imprimerie et l’édition au Luxembourg, des origines à 1848 : c’est en luxembourgeois mais on trouve de nombreuses notices d’ouvrages en français (impressions en français oblige !) et de nombreuses reproductions. A visiter absolument !

On trouvera aussi dans cette page un article en français :

Notes relatives à l’introduction de l’imprimerie dans la ville de Luxembourg
[Martin Marchant,Mathias Birthon,Hubert Reulandt]
Publications de la Société pour la Recherche et la Conservation des Monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg (Publications de la Section historique de l’Institut grand-ducal), Année 1846. II, 1846, p. 44-50

Un état des lieux européen un peu ancien mais très intéressant :

Wilson, Alexander, « Fonds sous abri : préservation et conservation des documents de bibliothèques en Europe », BBF, 1988, n° 1-2, p. 54-63
[en ligne]http://bbf.enssib.fr> Consulté le 1 février 2009

Léo Mabmacien

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2 réflexions au sujet de « Livres anciens à l’abandon : au Luxembourg il n’y a pas que des banques »

  1. bonjour,

    je cherche un livre de JACQUES DOLLAR meme titre de 1979

    ref:c t 1979 by jacques dollar
    imprimeri ST PAUL

    sur napoléon

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