Lieux d’éditions dans le livre ancien


J’ai envie d’évoquer avec vous un peu de cette « géographie du livre » (L’apparition du livre) pour le livre ancien. Non pas en vous retraçant le détail, l’historique des ateliers typographiques en France et ailleurs mais en détaillant les livres que je possède avec leurs lieux d’édition.

On sait qu’en France Paris détient la palme du nombre d’éditions imprimées, devant Lyon. D’autres villes comme Rouen, Toulouse, Troyes, Poitiers… arrivent après mais loin derrière : « Entre 1500 et 1599, 25 000 livres sont imprimés à Paris, 15 000 à Lyon ». En 1530 nous rapporte Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, « Philippe Renouard a pu, […] dénombrer 297 volumes imprimés à Paris, 110 à Lyon, 5 à Caen, 5 à Rouen, 4 à Poitiers, 3 à Bordeaux Grenoble et Toulouse, tandis que 32 livres sortaient des presses de Strasbourg, 19 de celle de Hagueneau » (L’apparition du livre).

La présence d’une Université, de foires, d’un Parlement et de commerçants avisés explique en partie ces différences.

Paris est donc en situation de monopole en France, monopole qui continue de nos jours. Le système des privilèges apparu au 16e siècle, la limitation du nombre d’imprimeurs depuis la fin du 17e en France  a provoqué une géographie du livre où Paris domine et où les villes étrangères (surtout au 18e siècle) comme Amsterdam, Anvers, Genève… tirent leurs épingles du jeu face à ces restrictions.

Voici le détail de ma (modeste) bibliothèque :


Paris (Parisiis, Lutetia Parisiorum) : 40 notices

Lyon (Lugduni) : 11 notices

Amsterdam (Amsterlodami) : 6

Genève : 4

Avignon : 3

Londres (fausse adresse : Paris) : 3

Anvers (Antverpiae) : 2

La Haye : 2

1 notice seulement pour les lieux suivants :

Noyon, Lugduni Batavorum (Leyde), Mons, Caen, Rotterdam (Roterodami), Utrecht, Leipzig (Lipsiae), Cologne, Luxembourg, Bruxelles, Toulouse, Nîmes, Florence (Firenze), Rouen, Edinburg, Caen, Lausanne, Angers (Andegavi)

1 lieu fantaisiste et une contrefaçon (Genève), 2 ouvrages sans indications de lieux.

Ce qui nous donne 43 % pour Paris, 12 % pour Lyon, 6,5 % pour Amsterdam, 3 % pour Avignon et 19 % pour les notices avec un seul lieu.

Ceci ne reflète que le fonds de ma bibliothèque mais se révèle assez parlant. Cqfd !

Source à consulter :

La géographie du livre. In L’apparition du livre /  Lucien Febvre et Henri-Jean Martin. Paris : Albin Michel, 1994, p. 243-305 (Bibliothèque de l’évolution de l’humanité)

Léo Mabmacien

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