L’arbre de consanguinité [dans un livre ancien du 18e]


Je suis tombé un peu par hasard sur le schéma en photo ci-dessus dans un livre que je viens d’acquérir. Son auteur est jésuite et livre ici un abrégé de théologie. A l’intérieur on trouve donc ce schéma qui est intitulé « schema consanguinitatis ». Ce schéma de consanguinité est bien sûr à rapprocher de l’arbre de consanguinité.

Le site Le Moyen Age en lumière définit l’arbre de consanguinité comme « un diagramme représentant l’ensemble théorique des membres de la parentèle cognatique d’un individu à l’intérieur duquel toute alliance matrimoniale est interdite »

Plus simplement il s’agit de représenter les différents membres de la famille pour expliquer les interdits d’unions entres personnes trop proches. Ce schéma se veut idéal, présentant les degrés de parenté d’Ego.

Aux 4e et 5e siècle après J-C, l’Eglise catholique impose ce qui allait constituer le modèle chrétien du mariage (monogamie…), la parenté spirituelle (parrains et marraines) et le célibat des clercs. On passe du modèle romain (réservé à une certaine élite, basé sur le droit plus que sur la morale) au modèle chrétien. Il s’agit pour l’Eglise d’expliquer et d’imposer son modèle. Ainsi « les interdits de mariage furent élargis jusqu’au 7e degré de parenté, mais ultérieurement ramenés au 4e degré par le Concile de Latran (1215)  » nous rapporte Francis Zimmermann. Sept degrés bien sûr par analogie avec la conception chrétienne de création du monde en 7 jours. Des degrés qui servaient aussi à éviter l’endogamie des aristocrates. Ces 7 degrés ont plutôt handicapé les paysans et les serfs qui eurent beaucoup de mal à trouver une épouse ou un époux.

Ces règles s’inspirent d’anciens interdits (qui ont toujours existé) et le rejet de l’ inceste apparaît comme un phénomène universel. Il s’étend au niveau de la famille élémentaire (mère / fils, père / fille, frère / soeur). L’interdit par contre n’est pas aussi fort avec les cousins par exemple.

Selon le Traité des dispenses en général et en particulier de l’Abbé Collet « il y’a trois choses à considérer dans la parenté naturelle, la tige, la ligne et le degré ».

On distingue sur notre schéma trois tiges avec une ligne directe et deux lignes collatérales, les 4 degrés avant et après. Et au centre l’Ego (L’hypothe ?).

Voici la traduction en français de ce schéma :

L’arbre de consanguinité a donné naissance à l’arbre généalogique (apparition au 12e siècle avec l’arbre de Jessé) qui s’est fixé au cours du 15e siècle.

Pour aller plus loin :

L’arbre de consanguinité – BNF

Anthropologie de la famille et de la parenté / Robert Deliège. Paris : Armand Colin, 2005

Enquête sur la parenté / Francis Zimmermann. Paris : PUF, 1993

Léo Mabmacien

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