De l’avantage des caractères mobiles sur le clichage au 19e siècle


Dictionarium latino-gallicum = Dictionnaire latin-français, composé sur le plan de l’ouvrage intitulé : Magnum totius latinitatis lexicon, de Facciolati,…par FR [François Joseph Michel] Noël ,… Paris : Le Normand, 1843. 1 vol. (XIII-1018 p.) ; 8°

A priori rien d’exceptionnel pour ce dictionnaire latin-français de 1843, un classique de l’époque utilisé en classe. Par contre l’avis de l’éditeur au début de l’ouvrage est très intéressant. En voici les dernières pages reproduites ci-dessous :

avis éditeur 8

avis éditeur 9

Il indique préférer l’utilisation des caractères mobiles en raison de la facilité de la mise à jour et des corrections à apporter par rapport au clichage, procédé récent du début du 19e siècle, consistant à obtenir par moulage un cliché en relief (appelé flans). On parle aussi de stéréotypie, procédé inventé à la fin du 18e siècle et utilisé pendant le 19e siècle à l’exemple des célèbres frères Didot (ce sera l’occasion d’un prochain article).

La composition reste manuelle mais une fois que les clichés sont obtenus, il n’y a plus besoin de recomposer l’ouvrage pour une nouvelle édition. Un gain de temps important mais aussi un stockage plus grand. De plus le texte ne peut pas être modifié facilement contrairement à notre dictionnaire.

Comme quoi les caractères mobiles sont encore utilisés en 1843 et prouvent ici leur utilité. Ce dictionnaire par sa typographie et sa composition est encore composé et imprimé de manière « artisanale ». Cette impression montre bien que la limite entre livres anciens (en France 1810) et livres romantiques et modernes reste arbitraire. En voici un exemple !

Léo Mabmacien

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5 réflexions au sujet de « De l’avantage des caractères mobiles sur le clichage au 19e siècle »

  1. Il me semble que la stéréotypie voulait justement éviter l’immobilisation et le stockage d’un trop grand nombre de caractères mobiles. On imagine le coût de l’immobilisation de la composition plomb d’un dictionnaire dans l’attente d’un hypothétique retirage. Les procédés de composition chauds (linotype et monotype) régleront ces deux problèmes : correction et immobilisation des caractères.

    Lauverjat

  2. tout à fait d’accord… C’est vrai que la stéréotypie demandait une édition stable… En tout cas le dictionnaire de Noël a fait l’objet de nombreux retirages, un classique de son temps…

    Léo

  3. Excusez moi mais dans le lien « manuelle » il y a une bourde. Le typographe ne range pas les lignes composées sur la galée « les unes au-dessous des autres » mais bien au-dessus. Il lit sa copie comme tout le monde de gauche à droite et de haut en bas, il compose toujours de gauche à droite des caractères gravés à l’envers (la tête en bas), et « empile » ses lignes les unes au-dessus des autres dans son composteur comme le dit l’article .(Il serait impossible de soulever une ligne dans le composteur ou la galée, pour « incruster » la nouvelle en-dessous). Une fois composée la page , sur le plomb, le titre est en bas, le pied de page en haut.

    Lauverjat

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