Bas de casse, haut de casse


Bonjour,

Pendant plus de 400 ans les caractères mobiles d’imprimerie inventés par Gutenberg ont été utilisés dans l’imprimerie occidentale. L’impression se faisait au moyen de caractères en relief assemblés à volonté pour former un texte qui était ensuite encré puis imprimé à l’aide d’une presse à bras.  Les caractères mobiles en plomb sont rangés dans des tiroirs ou des casiers appelés casses. Leur disposition a été normalisée afin de permettre une utilisation optimale par le compositeur. En voici un exemple extrait du Guide pratique du compositeur d’imprimerie par Théotiste Lefevre, paru en 1855 chez Firmin Didot. On remarquera le haut de casse rassemblant les capitales, moins utilisées que les minuscules et les chiffres composant le bas de casse. Certaines lettres possèdent un cassetin plus important.

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On pourra faire un parallèle avec les touches de la machine à écrire ou de l’ordinateur pour la disposition des lettres et des chiffres. Pour les amateurs et amatrices on trouve encore des tiroirs dans les brocantes pour un petit prix. Malheureusement les caractères sont rarement présents !

Léo Mabmacien

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6 réflexions au sujet de « Bas de casse, haut de casse »

  1. Plutôt que de parler de « tiroirs » disons comme les typos « boîtes », ce qui est plus proche de l’étymologie italienne « cassa », c’est à dire « caisse ». La casse la plus utilisée en France est dite « parisienne », elle compte 115 cassetins et son haut de casse est un peu différent de celui représenté sur le document. Mais il existe de nombreux modèles (casse de la commission, casse rationnelle, casse 2 oeils etc). La disposition et la taille des cassetins ont été établies en fonction de la fréquence d’usage de la lettre dans la langue. Le « e » bénéficie donc dans la casse parisienne du plus grand cassetin situé à mi auteur, en plein milieu où se tient la main droite du typo. Les casses sont rangées les unes au-dessus des autres dans un meuble le « rang ». Son dessus est incliné pour y déposer la casse utilisée. La taille de la casse parisienne correspond aussi à un poids de caractères acceptable pour être sortie de son rang sans trop d’efforts.

    Lauverjat

  2. Le mot « boîte » est utilisé par les typos pour désigner leur casse, les références ne manquent pas, par exemple:
    L’argot des typographes, Eugène Boutmy, Flammarion et Marpon, Paris, 1883:
    « Boîte,…|| Casse. Faire sa boîte, c’est distribuer dans sa casse. || Pilleur de boîtes … celui qui prend, à l’insu et au détriment de ses compagnons, et dans leurs casses, les sortes de caractères… »
    Ou encore « Cours de typographie, technologie , première année, Toulouse, cours professionnels des industries du livre 1946-1947 (manuscrit)
    ou encore le témoignage de mon père, 80 ans, typographe, linotypiste et imprimeur.

    « La caisse » ne désignait pas la casse mais était réservée au vieux plomb.

    Sur l’étymologie, si Larousse (1867, tome 3) préfère « capsa », Emile Leclerc (ancien directeur de l’école professionnelle Lahure, prote de l’imprimerie Frazier-Soye dans « le nouveau manuel complet de Typographie » (Encyclopédie Roret, 1939) écrit : casse (de l’italien cassa, caisse)
    de même André Pernin, professeur à l’Ecole Estienne , dans « Composition Typographique » éditions Eyrolles, 1957.
    Certes les premiers typographes étaient familiers du latin, mais leur langue à la fin du XVe et au début du XVIe était en France le français (à l’exception notable et intentionnelle des Estienne). A cette époque les échanges avec l’Italie sont nombreux, des imprimeurs français font le voyage en Italie et à Venise et visitent ses ateliers (Jenson, Tory …) des Italiens d’origine ou d’adoption s’installent en France à Lyon en particulier ( Gabiano ou Gryphe qui a fait le détour par Venise). L’immédiateté Cassa, casse me semble plus séduisante que l’érudite Capsa, casse.

    Cordialement
    Lauverjat

  3. je serai acheteuse de vieux tiroirs d imprimerie en bois avec plein de petites cases ,eventuellement par lot de 6 ou 10 si ils etaient pas cher,
    yvonne tison poterie des pins tranquilles 40150 hossegor
    yvonne.tison@sfr.fr

  4. Bonjour,

    Je vous conseille d’aller sur des sites comme Le Bon Coin pour en trouver…

    Bien cordialement
    Léo

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