Les bibliothèques, entre imaginaires et réalités


Les bibliothèques, entre imaginaires et réalités : actes des colloques Bibliothèques en fiction, 8-9 juin 2006, et Bibliothèques et collections, 25-26 janvier 2007, Université d’Artois, Textes & cultures / Etudes réunies par Claudine Nédelec. Arras : Artois Presses Université, 2009. ISBN 978-2-84832-097-7. 28 €

L’illustration de couverture est de Jean Lepautre : « Un bibliophile en costume de fou », estampe appartenant à la série La Folie du siècle, Paris : Jollain, 1664.

Cet ouvrage regroupe les actes de deux colloques « Bibliothèques en fiction » (8-9 juin 2006) et « Bibliothèques et collections » (25-26 janvier 2007) tenus à l’Université d’Artois.

La première partie est consacrée aux collections : collections d’éditeurs et collections personnelles (non pas privées mais constituées par les bibliothécaires). La seconde partie évoque les bibliothèques comme lieu de pouvoir et d’institution alors que la 3e partie se lance dans les représentations des bibliothèques (bibliothèque idéale, ce qu’il faut lire…). La 4e partie s’intéresse aux « bibliothèques d’écrivains », à leur propre bibliothèque et surtout aux bibliothèques inscrites dans leurs fictions, analysant le rapport des auteurs avec les livres des autres.

On retiendra principalement de cet ouvrage les articles suivants : « Le cabinet des fées » de Mme d’Aulnoy, la fameuse collection « Bibliothèque Charpentier », « Collections et bibliothèques selon Gabriel Naudé », « Le philosophe et la bibliothèque : érudition, amour des livres et pratiques de pouvoir chez Victor Cousin ».

Mention spéciale à l’article de Christine Prévost sur la série de 13 romans pour la jeunesse de Lemony Snicket (en réalité Daniel Handler) : Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Sont analysés les rapports au livre et à la lecture qui percent dans chacun des tomes de cette série, série plongeant dans une « microsociété » différente à chaque tome (communauté sectaire au tome 7, sous-marin dans le tome 11, etc…). Le tome 12 se situe à l’Hôtel Denouement ou l’espace de la fiction est organisé comme une bibliothèque. Les enfants se font expliquer le fonctionnement de l’hôtel calqué sur la classification Dewey bien connue des bibliothécaires : « Au 3e, cote 300, « société », les salles de balles et de réunion (…). Les scientifiques sont au 5e, le sauna porte 613, « sciences appliquées et vie pratique, section « hygiène et santé » (…) ». Et comme le dit Christine Prévost : « Et le directeur de conclure : « la plupart de nos clients préfèrent sonner les grooms plutôt que rechercher par eux-mêmes » ;-))

Ne manquez pas également les passages sur la bibliothèque du Nautilus dans l’article « Circumnavigations livresques au 19e siècle » et l’article de Daniel Rou sur « Les bibliothèques de Georges Perec, ou le mal d’archive ». Où l’on découvre que bibliothécaires et bibliothèques sont bien présents chez Perec.

Léo Mabmacien

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9 réflexions au sujet de « Les bibliothèques, entre imaginaires et réalités »

  1. « sous-marin dans le tome 11 » Je ne sais pas ce que cela signifie exactement, mais cette mention m’a donné envie d’aller voir s’il y avait bien une bibliothèque à bord du Nautilus. Comment n’y aurait-il pas pu y en avoir ? Elle est bien là, fugitive, au chapitre 46 de 20 000 lieues sous les mers.
    Merci pour cet article.
    Textor

  2. Oui une sacrée bibliothèque figée pour l’éternité ! Pas de problème d’accroissement et de classement ;-)

    Merci Textor, merci Sofia !

    Léo

  3. Professeur Aronnax : Vous possédez là, six ou sept mille volumes ?
    Capitaine Nemo : Douze mille Monsieur Aronnax. Ce sont les seuls liens qui me rattachent à la terre.

    Je ne réalise qu’aujourd’hui que la gageure est impossible. 12.000 volumes, c’est sacrifier en espace la salle des machines…

    Sacré Jules Verne ! Et moi qui croyait que l’histoire était vraie ;-)) Pierre

  4. ou la « salle des torpilles » ;-))

    Extrait de 20000 lieux pour les curieux(ses) :

    « C’était une bibliothèque. De hauts meubles en palissandre noir, incrustés de cuivres, supportaient sur leurs larges rayons un grand nombre de livres uniformément reliés. Ils suivaient le contour de la salle et se terminaient à leur partie inférieure par de vastes divans, capitonnés de cuir marron, qui offraient les courbes les plus confortables. De légers pupitres mobiles, en s’écartant ou se rapprochant à volonté, permettaient d’y poser le livre en lecture. Au centre se dressait une vaste table, couverte de brochures, entre lesquelles apparaissaient quelques journaux déjà vieux. La lumière électrique inondait tout cet harmonieux ensemble, et tombait de quatre globes dépolis à demi engagés dans les volutes du plafond. Je regardais avec une admiration réelle cette salle si ingénieusement aménagée, et je ne pouvais en croire mes yeux. »

    et une gravure représentant la bibliothèque :

    Léo

  5. Ah, merci bien, Léo! Pour le texte et la gravure.
    On ne peut pas lire Jules Vernes sans penser à les illustrations d’Alphonse de Neuville et Riou, n’est-ce pas? :-)
    Je crois qu’elles étaient gravées par Hildibrand.
    Belles. Vraiment, belles.
    Et cette bibliothèque… Aurait-il classé tou ces livres? ;-)
    Sofia

  6. le classement :

    « Je remerciai le capitaine Nemo, et je m’approchai des rayons de la bibliothèque. Livres de science, de morale et de littérature, écrits en toute langue, y abondaient; mais je ne vis pas un seul ouvrage d’économie politique; ils semblaient être sévèrement proscrits du bord. Détail curieux, tous ces livres étaient indistinctement classés, en quelque langue qu’ils fussent écrits, et ce mélange prouvait que le capitaine du Nautilus devait lire couramment les volumes que sa main prenait au hasard. »
    http://fr.wikisource.org/wiki/Vingt_mille_lieues_sous_les_mers/Partie_1/Chapitre_11

    Bien à vous
    Léo

  7. Voilà ! de hauts meubles en palissandre noir, incrustés de cuivres, c’est le passage que j’avais en tête ( lu il y a largement plus de 30 ans !) et que je n’étais pas arrivé à retrouvé sur internet après une recherche trop rapide. Rien ne remplace la mémoire…
    C’est un de mes fantasmes, pouvoir lire dans une bibliothèque en mouvement. progresser dans le monde virtuel d’une lecture entourés d’ouvrages qui eux-même se meuvent dans l’espace.
    Ne me demandez pas pourquoi …

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