En bref : Umberto Eco et l’illustration du cimetière de Prague


Vous avez peut-être lu ou feuilleté le dernier roman d’Umberto Eco (Le cimetière de Prague aux éditions Grasset) ? Dans ce cas vous avez sûrement remarqué les illustrations qui épousent le texte de l’auteur. Bien plus utile que la polémique déclenchée par ce livre, je trouve intéressant l’utilisation faite par Umberto Eco de ces images qui parsèment le texte, images en noir et blanc à pleine page avec en dessous un extrait du roman (avec indication de la page).

Les illustrations (gravures sur bois de bout pour la plupart) sont extraites d’ouvrages du 19e siècle. La quasi totalité provient de la bibliothèque d’Umberto Eco, 4 d’institutions (selon la page des références iconographiques avant la table des matières). Des illustrations qui fonctionnent à merveille avec ce feuilleton historique non ? En tout cas une très bonne idée d’utilisation. Les bibliophiles ont des trésors chez eux c’est bien connu ;-)))

Léo Mabmacien

PS : un regret : l’absence de toute référence… Je compte sur Bertrand pour nous dire de quels ouvrages sont tirés ces illustrations ;-))

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16 réflexions au sujet de « En bref : Umberto Eco et l’illustration du cimetière de Prague »

  1. Voilà qui me fait penser que je voulais acheter cet ouvrage !
    Eco est un grand bibliophile, je me suis toujours demandé s’il avait des exemplaires des livres qu’il cite dans le Nom de la Rose.
    Bon Week end , Leo !

  2. Il y avait une interview d’Eco dans le Monde 2. Il recevait en robe de chambre (il avait oublié l’interview, j’adore) dans son salon et sur les photos on pouvait voir sa bibliothèque (une partie du moins).
    Quant à la polémique je n’en sais rien. Je viens de lire une dépêche AFP sur le sujet.
    A mes amis qui s’étonne de voir « La France juive » dans mes rayons, je réponds que si on ne comprend pas que ce livre a été un best-seller du 19ème siècle, on ne comprend rien à ce siècle. Et que si on ne feuillette pas ce livre et notamment son illustration on ne peut pas comprendre ce qui se passait dans les têtes de ce siècle-là et ce qui advint ensuite.
    Le fait qu’Eco soit malin et préjuge (il a écrit là-dessus) que ses lecteurs le seront aussi n’empêche pas des lectures stupides. Le « lector in fabula » n’est pas toujours celui qui (surtout quand on est un écrivain à succès) advient…
    Olivier

  3. Idée à mettre en place pour mon prochain livre. Je note.

    Quoi, je n’ai jamais écrit de livres ?

    Demandez à Umberto ! Pierre

  4. @ Pierre : Vous pouvez essayer un livre illustré sans texte Pierre ;-))
    @ Textor : c’est une bonne question : j’attends qu’il mette son catalogue en ligne pour vérifier cela… ;-)) Peut-être quelques uns.. ?

    @Olivier : Tout à fait d’accord avec vous ! Ce qui est terrible c’est de voir à un siècle de distance que les mentalités n’ont pas vraiment évolué, sauf que là ce sont les « musulmans » qui sont visés. Quand je lis les morceaux de haine dans les commentaires du Figaro (en ligne) cela fait peur ! Dialogue et connaissance de l’autre avant tout. Un texte à lire et à posséder (en EO) : Traité sur la tolérance de Voltaire… (il est en ligne).

    Bon week-end à tous et à toutes
    Léo

  5. Quelques autres auteurs sont également bibliophiles et se laissent de temps à autre photographier devant leurs collections. Citons Alberto Manguel dont on peut voir l’antre sur le ouebe (http://quarterlyconversation.com/images/manguel-library.jpg ; http://thecaptivereader.files.wordpress.com/2011/01/alberto-manguel-library-1.jpg ; http://thecaptivereader.files.wordpress.com/2011/01/alberto-manguel-library-2.jpg), Michel Tournier et sa bibliothèque logée dans un presbytère de Choisel, en la Vallée de Chevreuse (http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/espritcritique/index.php?id=90168 ; http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/media/01/00/232987983.jpg), etc.
    Parmi les artistes, outre Richard Prince, mentionnons Anselm Kiefer dont on sait la relation au livre dans l’oeuvre, Antoni Tapiès qui s’est laissé photographié dans son impressionnante bibliothèque (Connaissance des arts, n° 682, p. 58-65 je crois), Richard Texier, amateur et possesseur d’un Tractatus de sphaera mundi de Sacrobosco.

  6. je suis allée lire les articles en ligne sur ce livre ( libération, l’express, le figaro, sky, et d’autres encore)
    Je n’ai pas lu ce livre et Umberto eco m’a toujours paru dur à suivre, dans des explications scientifiques que je n’ai jamais reussies à finir… m’étant assoupie avec le livre, tombé par terre, perdue dans les dédales de son esprit érudit.
    L’excés appelle l’excés, non? Tout à fait le reflet de l’époque.
    Lui, il s’en fiche bien des conséquenses de ses ecrits à part qu’ Il gagne des sous et de la notoriété, pour encore acheter des livres exceptionnels.
    D’aprés ce que je comprends… ce livre mélange légendes et faits historiques, complots et haine raciale, incitation à la violence et autres compromissions. Une recette qui fait succés puisque en un mois, c’est la 6ème édition.
    La polémique semble être partie d’Italie ou le climat n’est pas des plus zen.
    Quand la misére s’installe un peu partout, le mécontentement en face de grandes injustices pendant que d’autres s’enrichissent de façon outrageuse, (sans penser idée politique ou autres idées encore un peu plus polémiques),simplement en étant en recul froidement en face d’un malaise mondial général… la haine véhiculée par l’argent et le pouvoir se developpe.
    Aprés soit on est catastrophiste et on voit le mal partout et on fait des reserves en se disant que la 3ème guerre mondiale est bientôt là, le 20 decembre, tiens, par exemple, selon le calendrier des incas… La bonne blague,…. Soit on se dit que, comme le reste, il faut bien avancer et il y aura des jours meilleurs, plus tolérants.
    Quant à la phrase qui clôt le livre, M. Eco devrait prendre un traitement anti-depresseur quelques temps, à mon avis.
    ça ne me donne pas envie de le lire… de toute façon, il finit par tomber par terre.
    Bon weekend.
    S.

  7. Merci Intaglio !

    Je rêve d’une telle bibliothèque (comme Alberto Manguel) mais avec plus de livres anciens….

    Et dire qu’il a du laisser plein de livres dans des cartons en dépôt dans plusieurs lieux du monde avant d’en arriver à cette magnifique bibliothèque… J’ai le temps :-))

    Léo

  8. Il y a bien, page 553, les références de quatre illustrations ! mais de quatre seulement. J’espère qu’on aura les références du reste un jour.
    En tout cas, j’ai lu ce roman, et il faut rappeler qu’il a un objectif simple : montrer comment la fiction (Dumas, Sue, etc.) et la réalité (Joly, Taxil, Drumont… ) se sont entremêlées pour donner naissance à l’antisémitisme. Pensez aux Protocoles des sages de Sion.
    En somme, Umberto Eco nous dit qu’il faut lire La France juive (en effet), car Simon Simonini « est encore parmi nous » (page 545). Il faut bien savoir à qui on a affaire. Eco rappelait il y a peu qu’il était né dans l’Italie fasciste, et qu’il ne voulait pas mourir dans celle de Berlusconi. Nous, nous avons Marine Le Pen… Bref, il faut lire Le Cimetière de Prague.

    Au reste, il y a d’ailleurs quelques belles réflexions sur l’identité (mais on ne débat plus tellement de ce sujet actuellement).

  9. Je me permet de dire merci pour cet avis éclairé, qui donne un etat positif de ce livre. Ce que je n’ai pas lu jusqu’à maintenant, dans nombres de critiques. Son message ne semble pas perçu par la trés grande majorité.
    Du reste la complexité des romans de Umberto Eco, toujours très construit, me barbe quand même… malgré sa très grande érudition et son intérêt incontestable.
    j’attendrais donc que ce livre sorte en poche pour le lire.

    Bien à vous;
    sandrine.

  10. J’aime beaucoup Umberto Eco et notamment le Pendule de Foucault. J’ai lu le cimetière de Prague et j’ai adoré. Le début m’a pas mal dépaysé mais on s’y fait, et il nous plonge de façon tellement profonde dans les débats de la France, et même de l’Europe du XIXe siècle, c’est pfiouuu génial, et les gravures avec la phrase en renvoi est délicieusement dépaysant. Les personnes qui font l’amalgame mentalité de l’époque (et donc du livre) et débat antisémitisme aujoud’hui n’ont hélas rien compris.

    J’ai beaucoup aimé cette immersion dans Paris du XIXe siècle, Dreyfus, Leo Taxil, l’antisémitisme, les francs-maçons, la commune. Comme toujours, ca a été mené de main de maître. Le point de vue choisi par Umberto Eco est vraiment très intéressant.
    Ne lisez-pas la critique d’Assouline sur le monde, je l’ai trouvé franchement décevante et je n’ai pas eu le même avis en lisant le livre.

  11. pour continuer sur les bibliothèques : un article sur Alain Rey dans l’Express « Au milieu des livres rares »…
    « Le papivore en aurait entre 20 et 30 000, dont 500 à 600 dictionnaires » mais il ne s’estime pas bibliophile. L’article est là.

  12. Papivores et bibliomanes.
    L’histoire des lexicographes collectionneurs de livres et autres encyclopédistes qui s’improvisent documentalistes mériterait d’être écrite : songeons à la famille Frémy (http://a6.idata.over-blog.com/0/27/44/29/quid_2007_4.jpg) ou Coston dans un autre genre…
    Si le monde de la bibliophilie relève du secret, certains commencent à mentionner leurs acquisitions, voire à montrer leurs bibliothèques, de leur vivant, grâce aux médias sociaux : Pierre De Witte (http://www.dico-collection.com/), Jean-Marc Barféty (http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/). Ainsi ne doit-on plus attendre un catalogue de vente pour apprécier une collection…
    Finissons par un hommage à Jean Mennerat (http://echecs64.20minutes-blogs.fr/archive/2007/11/01/d%C3%A9c%C3%A8s-du-collectionneur-jean-mennerat.html) dont la collection appartient désormais à la ville de Belfort. Qu’en a-t-elle fait depuis 2007 ?

  13. Impossible d’avoir accès au site de la bibliothèque de Belfort (il faut un code). Sur le Catalogue collectif de France il n’est pas fait mention de ce fonds…. Ils ont du le mettre dans un coin en attendant….

    Léo

  14. Umberto Eco donne un bon aperçu de sa collection de livres anciens dans un livre d’entretiens : N’espérez pas vous débarrasser des livres.
    Il possède de nombreux incunables, avec comme thème de prédilection l’hermétisme. Le Poliphile de 1499 est une de ses belles pièces (mais c’est loin d’être la seule !).
    Je conseille la lecture de cet ouvrage. Il y parle de sa relation avec les libraires, de sa collection, de ses achats…

    Les références : N’espérez pas vous débarrasser des livres, de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, entretiens menés par Jean-Philippe de Tonna, chez Grasset.

    On découvre aussi dans l’ouvrage la collection de Jean-Claude Carrière, certes plus modeste, mais également remarquable.

  15. Entièrement d’accord, je regrette un peu l’absence de références ! Certaines de ces gravures donnent envie d’en savoir plus sur le contexte dans lequel elles ont été réalisées !

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