Livres et lecteurs en Provence au 18e siècle : autour des David, imprimeurs-libraires à Aix


Gilles Eboli, Livres & lecteurs en Provence au XVIIIe siècle. Autour des David, imprimeurs-libraires à Aix, Méolans-Revel, Atelier Perrousseaux éditeur, Centre de Conservation du Livre, 2008, 318 p., ISBN : 978-2-911220-25-8, 32 €.


Très bonne initiative des éditions Perousseaux qui nous proposent un tour en Provence, qui plus est à Aix-en-Provence, au 18e siècle, autour des David, dynastie d’imprimeurs-libraires depuis le 16e siècle. L’éditeur reprend la thèse de Gilles Eboli, anciennement directeur de la Bibliothèque municipale de Marseille, thèse soutenue en 1984 à l’Ecole des Chartes. L’ouvrage s’articule en trois parties, la première est consacrée à la ville d’Aix, à la société Aixoise, ses relations avec Paris, ses équipements scolaires et culturels. La seconde partie s’articule autour de la famille David, du parcours de ses membres, sur le métier d’imprimeur et de libraire qu’ils ont exercé. La dernière partie analyse deux documents manuscrits : une liste des ventes effectuées en 1737 et une liste des clients figurant dans le Journal d’Étienne David pour les années 1785 à 1790. On retrouvera dans la 2e partie des informations que l’on a pu déjà glaner ailleurs (sur le métier d’imprimeur par exemple et les travaux de ville) mais aussi suivre le parcours de cette famille, les stratégies que ses membres ont mis en jeu pour sauvegarder et enrichir la « maison » qui ne survivra pas au 19e siècle. On rencontre (furtivement) des personnes célèbres comme le marquis de Méjanes, fidèle client et surtout l’abbé Rive (immense bibliographe) qui va aider Joseph David dans sa formation et dans la recherche d’ouvrages rares et précieux. On notera l’évolution de la librairie vers le commerce des livres anciens au milieu du 18e siècle, la modestie des éditions produites par les David au fil du temps et leur mainmise sur le commerce local. L’analyse des ventes de la librairie pour 1737 fournit un bel exemple de ce qui s’achète chez un libraire au 18e siècle : valeurs sûres et auteurs établis, belles lettres et religion, éditions bon marché (le format in-12 est le moins cher) et contrefaçons. Par contre on ne saura pas ce qu’achète le marquis de Méjanes, trop jeune à l’époque !

Quelques regrets déjà formulés par d’autres (la critique parue sur le BBF par exemple) : l’absence de mise à jour depuis 1984 (références bibliographiques…), le manque de lisibilité des notes et des annexes. A emprunter en bibliothèque comme il se doit !

PS : allez voir le compte-rendu de Philippe Marchand paru dans les Annales historiques de la Révolution française. C’est en ligne et c’est gratuit.

Léo Mabmacien

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Une réflexion au sujet de « Livres et lecteurs en Provence au 18e siècle : autour des David, imprimeurs-libraires à Aix »

  1. J’ai cet ouvrage depuis quelques temps à la librairie, régional de l’étape oblige…

    Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour rendre hommage au travail de Stéphane Ipert et François Vinourd, responsables du centre de conservation du livre ancien d’Arles qui se dépensent sans compter pour la mise en valeur du livre. Des conférences, des livres, des thèses, des recherches, de la formation professionnelle… Allez sur le site du CICL ! Pierre

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