Comment reconnaître une reliure du 17e siècle ?


une reliure du 17e siècle.

Je ne sais pas vous mais j’ai toujours eu du mal à faire la différence entre une reliure datant du 17e siècle et une reliure du 18e siècle. Voici quelques indications qui vous permettront de « mieux » dater  une reliure (« européenne »).

Sans remonter au Moyen Age, au 16e siècle les titres sont absents des dos des livres. Au 17e siècle (et au 18e) sur les livres reliés en parchemin (reliure fréquente alors) les titres sont écrits à la main à l’encre. Sur les autres types de reliures, le titre, très abrégé, est poussé directement sur la couvrure (exemple ci-dessus). La pièce de titre, indépendante (et d’un cuir différent), que l’on colle sur la couvrure ne se développe que vers la fin du 17e siècle. On parle d’étiquette de titre en général et de pièce de titre si le titre est inscrit sur un morceau de peau. Attention il peut y avoir des exceptions, je suis tombé sur une reliure du 18e avec un titre poussé directement.

une reliure du 18e siècle

D’autres détails permettent de distinguer une reliure du 17e comme les dorures du dos. Au 17e siècle elles sont plutôt chargées et se caractérisent par un fleuron central avec des fleurs aux angles. Adrienne Cazenobe dans son cours de bibliothéconomie propose les distinctions suivantes :

« La reliure XVIIe siècle : Les plats sont sans décors parfois armoriés au centre, les dos sont très décorés, fleuron central et fleurons aux angles dans les entre-nerfs, le titre est doré au dos. Les gardes de couleurs apparaissent. La reliure d’amateur au XVIIe est souvent en maroquin rouge, avec des encadrements de filets aux plats.

La reliure XVIIIe siècle : Reliure courante comme au XVIIe et dos à nerfs décoré de fleuron (fleur de grenade très utilisée). Fin XVIIIe s. le dos long apparaît. Reliure d’amateur, maroquin teinté (rouge, citron, olive), plats décorés de filets ou de dorures à la plaque au motif de dentelles. »

A noter le titre « poussé » revient en force au 19e siècle et la pièce de titre disparaît.

Il ne vous reste plus qu’à vous exercer !

Sources :

MARTIN H., CHARTIER R. Histoire de l’édition française. Tome 2, Le livre triomphant : 1660-1830. [Paris] : Fayard, 1990. 909 p.-[12] p.ISBN : 2-213-02400-6.

Dictionnaire encyclopédique du livre. Tome 2, E-M. Paris : Editions du Cercle de la Librairie, 2005. ISBN 2-7654-0910-2

Léo Mabmacien

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14 réflexions au sujet de « Comment reconnaître une reliure du 17e siècle ? »

  1. Damned ! la nouvelle présentation du blog sera mon excuse pour cette erreur de commentaire…
    Le voici à sa place :
    A noter la différence de sens entre « reliure d’amateur » dans ce texte, et « reliure d’amateur » sur certaines annonces, qui qualifie des reliures faites avec amateurisme…

  2. Je m’en occupe ;-), la nouvelle présentation du blog fait son effet à ce que je vois ;-))

    Léo

  3. Bonjour,
    Si je peux me permettre… deux ou trois mots :-)
    En prenant du recul, on voit que la reliure 18ème est plus aboutie, les éléments de décors sont souvent des éléments du 17ème revisités: A savoir des motifs fins, qui se transforment en motifs de fleurs et de feuillages plus gros. C’est surtout la grenade et autres marguerites qui donnent le ton.
    Au même titre que les évolutions dans le domaine de la décoration dans les autres arts, (papiers peints, murs, vaisselles, tissus. aller visiter le musée Nissim de Camondo rue Monceau à Paris), la reliure s’affine et traduit un raffinement de l’époque.
    Au 17ème les dos sont plus plats et certains cartons sont biseautés côté mors. la passure en carton est différente aussi.
    Le marbré inexistant presque au 17ème ( petit peigne, feuille de chêne), en face du coquille bleu rouge et jaune, puis vert avec la decouverte de substance chimique…
    La composition du papier, ainsi que l’espacement entre les vergeures, plus petit au 17ème; Tous les élements qui composent le livre peuvent servir à se rapprocher du siécle de sa reliure.
    Billet qui m’a fait voir sous un autre aspect que le mien, la datation à partir d’éléments concrets de dorure : la piéce de titre .
    merci bien.
    Bien à vous.
    sandrine.

  4. D’une grande clarté ! Les reliures XVIIe siècle gardent ma préférence en raison de cuirs souvent plus foncés. Pierre

  5. Oui, c’est vrai, le style, mais dans le cas d’outils qui se baladent d’ateliers en ateliers, il faut faire attention. Les autres éléments sont à prendre en compte aussi. Des tas de détails qui ne se voient qu’ avec un examen attentif et prudent:
    Il semblerait, on pourrait penser que, en attendant d’avoir une contre preuve…. Autant de marques de prudence.

    Un outil en dorure met 8 ans avant d’être nase, émoussé sur les entournures, aujourd’hui, On peut penser qu’avant, bien avant, il était plus dur(?), refaire un modéle identique mais pas tout à fait… la mode, le fabricant qui fait faillite? autant d’éléments qui transforment depuis belle lurette les choses et brouillent les pistes.

    bien à vous.
    Sandrine.

  6. On m’a dit, durant ma formation pour le catalogage des livres anciens, qu’une reliure du XVIIe siècle se reconnaissait à la forme de losange du motif central tandis que pour le XVIIIe siècle, c’était surtout un motif floral. Ça complète votre propos !

  7. oui c’est aussi un signe mais méfiance : on trouve le losange dans des reliures du 18e (il faut alors bien voir la différence des fers employés)…

    Bien à vous
    Léo

  8. Tous ce que vous dite et très juste, mais il y a un moyen encore plus efficace de reconnaître une reliure XVIIIeme : sa structure. En effet au XVIIIeme on voit apparaître une nouvelle technique, celle du cuir « tendu en tambour » (ça ne se voit pas, mais ça se sens). Je ne veut pas me lenser dans la description de cette technique, car je ne serai pas très bien l’expliquais. Toujours est il que pour savoir si le livre a été relier au XVIIIeme il suffit de passer les doigt sur les mors.
    Ont pince du bous des doigts les mors, dans la continuité du dos il y a une parties solide, le font des premier et denier cahier. Ensuite, progressivement en ce rapprochent encore du plat on perçoit un vide, du a cette technique, puis le plats reviens progressivement pour prendre sa place le long des feuille des cahier. Le bord intérieur du plats c’est loger dans une gouttière qui c’est former a l’intérieur du livre (au premier et au dernier cahier).
    Cela est asses dur a décrire et je ne sais pas si je me suis fait comprendre correctement, aussi je vais tenter de laisser un schéma (si j’y arrive)

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