En bref : Garamond et Garamont à l’honneur, Editions Jean de Bonnot le retour


Je vous invite à découvrir (si ce n’est pas déjà fait) un site incontournable sur Claude Garamont, l’inventeur du Garamond, à l’occasion des 450 ans de sa mort. Le site proposé par le Ministère de la Culture est consacré à ce graveur de lettres qui fut aussi libraire, à qui l’on doit ce fameux caractère. Sur Garamond et Garamont donc mais pas seulement. Sont évoqués notamment l’évolution de la technique typographique jusqu’au numérique, les autres graveurs et fondeurs de caractères après Garamont. Une mention particulière à la partie Ressources qui offre plusieurs vidéos et images plus intéressantes les unes que les autres, une présentation du Musée de l’imprimerie, du Musée Plantin à Anvers…, une belle bibliographie, un glossaire, etc etc…

Je vous recommande notamment l’animation « imprimer avec Robert Estienne » (j’aurais plutôt écrit « imprimez » ?) pour bien comprendre le processus de l’impression typographique, du caractère à la presse à un coup (petite erreur au niveau de l’animation puisque la presse à un coup n’existait pas au 16e siècle ;-)) ainsi que la carte interactive permettant de localiser les libraires, imprimeurs, fondeurs… actifs à Paris en 1540.

http://www.garamond.culture.fr/
 
Editions Jean de Bonnot, le retour !
Du Bonnot ? non madame, « Dubon »

Autre sujet complètement différent où l’on reparle des éditions Jean de Bonnot. Vous avez peut-être remarqué l’étonnante vitalité de l’article que j’avais fait il y’a déjà longtemps sur « les éditions Jean de Bonnot, livres pour bibliophiles ? »

A ce propos voici un commentaire de René de BLC qui prouve par l’exemple que l’on peut acheter mieux et pour moins cher :

« Un des arguments souvent avancés est le prix. Si on veut s’en donner la peine on peut trouver beaucoup mieux, mais évidemment c’est beaucoup moins cher !

 En photo jointe (ci-dessus) un bel exemple d’une acquisition faite très récemment pour ma petite fille auprès d’un libraire français (via Ebay) pour la somme très modique de 12,50 euros + 3,50 euros de frais d’envoi. Deux très jolis petits volumes, demi-chagrin à coins, en parfait état ; ce n’est certes pas de la haute bibliophilie mais quelle différence avec J d B ! De vraies reliures sans dorures extravagantes, un beau papier vergé, tranches de tête dorées, queues et gouttières non rognées. Mais les photos rendent tout commentaire superflus. »
René de BLC

J’attends vos commentaires ;-))

Léo Mabmacien

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11 réflexions au sujet de « En bref : Garamond et Garamont à l’honneur, Editions Jean de Bonnot le retour »

  1. Cher René, si le bon goût et la culture allaient de paire avec un portefeuille bien rempli, cela se saurait depuis longtemps.

    Bien sur que l’on peut acheter de beaux livres pour le prix d’un JDB et même pour moins cher, et s’ouvrir ainsi sur d’autres horizons rebattus et rentables de JDB.

    Et encore qu’il faille mettre le prix de 2 ou JDB pour n’avoir qu’1 seul beau livre de bibliophilie (fut-elle petite), je crois que cela vaut la peine d’essayer.

    B.

  2. Tout à fait d’accord Bertrand, il faut pêcher là où ça mord. Ceci était un exemple mais il ne faut jamais se limiter à un seul vivier, surtout à notre époque où foisonnent les moyens de se documenter : catalogue des libraires et des ventes publiques, les sources générales sur Internet, e-bibliophilie.com … Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.
    Parfois même il y a des miracles, ils sont très rares et il ne faut pas trop compter dessus et surtout ne pas s’imaginer que les alouettes tombent truffées et rôties dans la bouche !

    René

  3. 1930.
    Avec une reliure demi à coins mors au tiers et un flammé, filets sur nerfs, dos à caissons, palettes en queue, Enfin bref, une bonne vieille reliure efficace des années 60 ou 70, avec un papier rougié et plé qu’on ne trouve plus.
    A 12 euros 50.
    C’est une bonne initiation à la découverte de la reliure pour votre petite fille.
    Mais il faudra aussi lui dire qu’on ne fait plus ce genre de reliure, qu’on me commande et pour laquelle je propose un prix à 160 euros plus la dorure.
    D’ailleurs, je n’en fais plus.

    C’est une autre époque.
    Et il faut vivre avec son temps.

    D’ailleurs, aujourd’hui, on se demande quoi faire à ces prix là.

    Je me trompe ou les éditions des chroniques françaises, c’est aussi un club du livre… qui ne mérite pas qu’on travaille 4 ou 5 heures dessus.
    *Excusez du peu, mais il faudrait quand même recadrer un peu les choses pour que les jeunes générations s’y retrouvent.
    Une simple toile ou un demi dos long, ça suffit bien pour le tout venant. broché.
    Pour tout ce qui est « club du livre », ils sont, en général, vendus en emboitage.
    Ce qui n’est pas une reliure mais un emboitage, comme son nom l’indique. Il ne peut pas être mis sur le même plan qu’un livre relié du 17ème, ou du 18ème, avec une technique, une histoire, une rareté parfois, parce que les livres étaient investis d’une autre façon.

    Le lente dérive vers la consommation et la production de masse a amené et aménent toujours à des inepties en matières de reliure.

    Aprés tous les gouts sont dans la nature. Mais bon, ce n’est pas une raison pour ne pas recadrer et dire qu’un beau livre n’est pas forcément un livre relié 5 nerfs à coins aujourd’hui.

    Un livre édité 50 exemplaires relié en plein oasis avec un titre sobre oeser.
    Une plaquette d’artiste avec un montage sur accordéon.
    Voilà à mon avis ce que peut être un beau livre relié aujourd’hui.
    Avec à côté les eternels originaux, d’époque, dédicacés, etc…

    Bien à vous.
    Sandrine.

  4. « imprimer avec Robert Estienne »; si l’explication est bonne les animations numériques sont encore et parfois à l’envers comme la galée pleine ou le mot Garamond composition présentée de droite à gauche!

  5. Bonjour,
    Je voudrais, alors, savoir quelle différence il y a entre un club du livre et une collection?

    Il ne fallait pas voir de connotations péjoratives dans mes propos, Simplement une mise au point, parce que beaucoup de gens pensent qu’un beau livre imprimé sur un papier vergé, qui reprend une certaine mise en page, etc…, est le sommum du beau livre. Tout comme un morceau de cuir doré.
    Or pour la bibliophilie traditionnelle, à partir du moment où il y a beaucoup d’exemplaires, souscription, collection, club, on est plus vraiment dans la qualité bibliophilique.
    Ce n’est pas péjoratif. C’est une éducation.
    Il faut réunion de plusieurs critéres pour parler bibliophilie sur les livres du XXème, à mon sens : beau papier à la forme, illustrateur, artiste, et gravure ou estampe, suites à la fin du volume, autographes, thémes intéressant, exemplaires de tête, justification, appartenance particulière, reliure d’époque ou trés cohérente.
    Enfin, tout ce dont vous parlez dans votre site.

    Il faut aussi admettre que la bibliophilie est chére, tout comme la reliure et la restauration.
    Pour autant avoir envie d’avoir des textes qu’on aime lire, dans des éditions lambdas, ou en simili cuir, ou sur tout autre support, ne fait pas de vous un crétin.
    Certainement pas non plus un bibliophile averti.
    Pour autant, également, ne pas posséder ces ouvrages de bibliophilie qui ne sont pas à ma portée, ne m’interdit pas de ne pas aimer la bibliophilie et de me considérer comme bibliophile, pour savoir faire la différence.
    Ces jugements de valeur sur ceux qui possédent = donc bibliophile, et ceux qui ne possédent pas = crétin de base, sont odieux, et ne démontrent pas une elegance qui sied avec la bibliophilie véritable, qui généreusement donne à voir et à éduquer pour justement faire comprendre que le livre est un patrimoine particulier, que trop souvent les gens d’argent, qui ont financé ces productions, ( papetier, imprimeur, banquier, financier dans l’âme en tout genre) n’ont pas mis en valeur essentielle.
    Les valeurs essentielles étant la rentabilité et la consommation de masse. C’est bien connu!

    Il s’agit juste de donner des repéres auxquels je crois et que je defends.
    Cela n’engage que moi, bien entendu.

    j’aimerai avoir des précisions sur ces éditions et sur l’exemplaire présenté, s’il vous plait.

    Bien à vous,
    Sandrine.

  6. Bonjour Sandrine,

    René vous répondra je pense pour l’exemplaire présenté.
    Pour les collections il suffit de penser à la Pléiade par exemple. Il y’a eu des ouvrages de qualité en « club de livres » dans les années 50-70 mais cela reste de l’édition moderne. Pour ma part je trouve que le mot bibliophile (personne qui aime, qui recherche les livres rares et précieux) ne peut s’accommoder de livres de clubs. Pour ma part je ne suis pas bibliophile puisque mon intérêt se porte vers des livres anciens, peu m’importe qu’ils soient rares et/ou précieux. Ce sont d’autres critères qui me tentent. Le problème avec JDB et autres c’est de faire croire que vous avez entre les mains un ouvrage « à l’ancienne » alors que ce n’est pas le cas. Rares, très rares sont les éditions en typo aujourd’hui : mais si je ne devais citer qu’un seul nom ce seraient les éditions Colophon à Grignan qui ont su utiliser les techniques traditionnelles pour produire des livres différents, bien loin de nos classiques.On ne peut pas faire du fac-similé, je trouve cela grotesque. Voilà.
    Bonne journée à vous
    Léo

  7. L’ouvrage acheté par René est une très bonne affaire financière, eu égard à la qualité du texte, au travail d’édition, d’imprimerie, de reliure, de dorure, aux charges du commerçant et aux frais de port. Nous sommes d’accord. Cela ne signifie pas que ce soit la vraie valeur de l’ouvrage.

    Donc, il est difficile de comparer avec un J.D.B dont les prix sont fixés par des critères d’entreprise moderne.

  8. Comme toute personne qui pratique la reliure, même à titre privé, il est indiscutable qu’un tel prix ne reflète en rien la valeur du travail, même pas la valeur des matériaux.

    Je n’ai pas effectué cet achat dans le but de faire un chopin mais par intérêt immédiat ; n’est-il pas bien préférable de lire un texte dans un beau livre que dans une édition de poche …
    Ce genre d’ouvrage se rencontre d’ailleurs fréquemment, aussi bien chez les libraires que lors des ventes publiques où ils sont parfois entassés dans des cartons : auteurs qui sont passés de mode, que plus personne ne lit, parfois simplement l’ignorance ou le désintérêt du priseur.

  9. Tout à fait d’accord avec René. Le prix de son ouvrage est relatif à sa cote d’intérêt (ou de désintérêt dans ce cas) et non pas à sa valeur d’objet-livre. Pierre

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