Le titre courant dans les livres (anciens) : une aide à la recherche


Titre courant : « le trésor supposé, comédie » pour cette pièce de théâtre

Le titre courant est un rappel du titre de l’ouvrage ou du chapitre, parfois abrégé, placé dans la marge supérieure (de tête) ou inférieure (plus rare) d’une page. Il est répété à chaque page concernée. Traditionnellement le titre du livre est présent sur les versos, le titre de chapitre sur les rectos. En plus du titre général et des titres de subdivision (chapitres, parties…), on peut aussi trouver dans le titre courant le nom de l’auteur et certains des mots que les pages contiennent (cas des dictionnaires ou figurent la première et la dernière entrée d’une double page).

Le titre courant est utilisé lorsque le volumen laisse place au codex, permettant une aide à la recherche de références dans le texte.  Il se généralise au 13e siècle, à l’époque où sont réalisés tables et index. Exceptés les ouvrages de référence (notamment religieux) il reste rare jusqu’à la fin du Moyen Age. Le titre courant se développa au 16e siècle pour devenir au fil du temps un élément indispensable de repérage et d’orientation pour le lecteur. Il est toujours utilisé de nos jours, surtout pour les ouvrages de référence, peu pour les ouvrages de fiction.

verso du dernier feuillet . La suite du titre est remplacée par « etc »

Pour finir voici un extrait du Traité de la typographie écrit par Henri Fournier (édité en 1826) sur la bonne façon de composer un titre courant :

« Les titres courants sont les lignes de tête dans lesquelles on fait entrer , avec le folio , le titre de l’ouvrage, que l’on répète à chaque page du volume. On compose ordinairement ces lignes en petites capitales du même corps que le texte de l’ouvrage, ou , ce qui est mieux encore, en grandes capitales, quand on a la place nécessaire. Ils se mettent au milieu de la justification. On espace les lettres d’un point ou d’un point et demi quand la matière le permet, et les mots d’un demi-cadratin environ, en ayant soin que les folios en soient toujours séparés au moins par un cadratin. Si le titre peut entrer dans une ligne, on le place aux pages paires, c’est-à-dire aux versos; et si l’ouvrage est coupé par chapitres, livres , chants ou autres divisions, on les indique en tête des rectos. Une pièce de théâtre porte pour titres courants, au verso son titre, et au recto le numéro de l’acte et celui de la scène. Ces nombres se mettent toujours en chiffres romains.

On doit toujours faire en sorte que les titres courants soient complets le plus possible, sous le rapport des indications qu’ils doivent contenir.

Lorsqu’un volume se compose de plusieurs parties bien distinctes , il faut avoir soin que les titres courants changent en même temps que ces différentes parties, lorsqu’elles ne font pas corps avec l’ouvrage. Par exemple , supposons un livre composé d’une préface, de la matière proprement dite, de notes et de tables; les titres courants devront nécessairement porter successivement chaque nom de ces grandes divisions de l’ouvrage. Ce renouvellement doit avoir lieu à fortiori dans les volumes collectifs et qui se composent de parties entièrement séparées. Bien que, dans les cas ci-dessus énoncés, les caractères soient variés suivant l’importance de chacune des parties , et qu’ainsi ceux du texte soient plus petits que ceux de la préface et plus gros que ceux des notes et des tables, cependant on les maintient toujours, soit en petites capitales, soit en grandes capitales du caractère du texte, suivant la marche adoptée d’abord. La même régularité s’observe pour les chiffres des signatures (…)

Telles sont, pour les titres courants, les dispositions les plus généralement usitées. Il en est encore d’autres qui sont déterminées souvent par le goût des auteurs, quelquefois par la nécessité, ou par une utilité réelle; mais il estimpossible, vu leur grande diversité, de les faire connaître; nous ajouterons seulement que tous les procédés, à cet égard, peuvent s’employer toutes les fois qu’ils ne blessent ni le bon sens, ni les principes typographiques qui font règle pour cet objet et qui viennent d’être indiqués. »

Sources :

Dictionnaire encyclopédique du livre, tome 3,  N-Z. Paris : Ed. du Cercle de la Librairie, 2011

Traité de la typographie / Henri Fournier, imprimeur. Bruxelles, P. J. de Mat, 1826 [en ligne]

Le tresor supposé, ou Le danger d’écouter aux portes, comédie en un acte et en prose, mêlée de musique par le citoyen Hoffman A Paris chez Huet, Ravinet, Charon ; De l’imprimerie de Migneret, 1803 [An XI]

Léo Mabmacien

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5 réflexions au sujet de « Le titre courant dans les livres (anciens) : une aide à la recherche »

  1. Je ne vois que les anglais pour faire le contraire des français. Je vais regarder ça ;-)) Pierre

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