L’imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au 18e siècle par René Moulinas


L’imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au XVIIIe siècle / René Moulinas. Presses Universitaires de Grenoble, 1974. ISBN 2-7061-0034-6 [épuisé]

Cet ouvrage un peu ancien est la version remaniée d’une thèse d’histoire soutenue en 1972. Elle est intéressante car elle aborde l’imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au 18e siècle, un âge d’or pour cette ville en dehors du Royaume.

Plutôt que de résumer un livre un peu ancien, je vous propose quelques extraits concernant l’imprimerie et la librairie à Avignon, la partie sur la presse étant mise de côté. Un digest en somme.

Sur les ouvrages dangereux et interdits (atteinte aux bonnes moeurs…)

« les libraires d’Avignon sont des hommes d’affaires qui recherchent avant tout leurs intérêts matériel et non pas des apôtres prêts à risquer tous leurs biens pour répandre leurs idées ; pourquoi auraient-ils commis l’imprudence de vendre habituellement des livres dangereux et interdits, en s’exposant sans cesse à la menace d’amendes et de saisies, toujours à redouter (…) alors qu’il leur était infiniment plus commode de gagner de grosses sommes sans aucun risque, en se contentant de reproduire les ouvrages déjà diffusés en France pour lesquels il n’y avait aucune autorisation à solliciter, aucune censure à affronter, aucune confiscation à craindre ? ».

Des contrefacteurs donc. Ce qui nous amène à des problèmes d’identification puisque des lieux et des noms d’ imprimeurs libraires étrangers (Amsterdam, Londres…) sont utilisés pour des livres imprimés à Avignon mais de la même façon  le nom de la ville d’Avignon est utilisé pour des éditions réalisées ailleurs.

Fonds des libraires-imprimeurs

« ‘les grosses masses des fonds de librairie d’Avignon sont constituées d’abord par des ouvrages de piété et de dévotion ou bien par des livres usuels du genre des comptes faits, rudiments, abécédaires ou dictionnaires ou des manuels à l’usage des étudiants et écoliers, de petit format et de faible prix ».

Les tirages

« le chiffre de 2000 exemplaires (…) semble bien être le plus courant pour les éditions réalisées à Avignon , au cours du XVIIIe siècle ».

L’argent nécessaire

 » A  Avignon, l’accès à la profession n’exige presque aucune dépense pour acquérir la maîtrise et que, avec une seule presse et trois jeux de caractères, on peut déjà s’improviser imprimeur. C’était l’équipement requis par les statuts du corps ».

Origine géographique et sociale des imprimeurs-libraires

« Puisque le métier promet d’aussi belles réussites aux hommes entreprenants et puisque l’accès à cette carrière n’est pas interdit, comme en France, par les rigides barrières de la législation royale et de l’organisation corporative, ne nous étonnons pas qu’il attire des gens de toutes régions, de tous états, de toutes conditions sociales ».

Leur nombre

Selon l’auteur vers 1760 il y’aurait eu entre 20 et 25 imprimeries et entre 400 à 500 personnes dans cette branche d’activité (sous tous ses aspects).

Difficultés et effondrement

L’imprimerie et la librairie a Avignon éprouvent des difficultés avec l’annexion française de 1768 et la mise en application de la législation française sur la librairie.

Les 5 arrêts de 1777 réorganisant la librairie française et concernant notamment l’estampillage des contrefaçons viennent mettre un frein à cette activité.

Le coup de grâce est porté avec la signature du Concordat en juillet-novembre 1785 qui prévoyait notamment que les ouvrages contrefaits ayant été estampillés ne pourraient être vendus qu’à l’étranger.

L’imprimerie et la librairie à Avignon se retrouvent placés sur le même plan que les autres villes de France.

Après 1785 seuls quelques imprimeurs-libraires arrivent à survivre.


Petit complément : Avignon et l’imprimé ou une marque à la sphère à Avignon ? [ancien article évoquant l’imprimerie et la librairie à Avignon]

A signaler : on retrouve René Moulinas et Avignon dans l’édition en 4 volumes de l’Histoire de l’édition française (parue chez Fayard et au Cercle de la librairie).

Léo Mabmacien

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5 réflexions au sujet de « L’imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au 18e siècle par René Moulinas »

  1. Ouvrage indispensable pour les historiens de l’imprimerie au XVIIIe, malheureusement introuvable : il n’y a que les « vieux » qui l’ont dans leur bibliothèque.

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