Les lettres tourneures… dans les livres anciens


exemple de lettres tourneures rouges (16e siècle, trouvées au contreplat d’un livre)

Vous avez peut-être dans votre bibliothèque personnelle un ouvrage possédant de belles initiales d’une forme un peu particulière, appellées lettres tourneures. Selon Yves Perrousseaux dans son ouvrage Histoire de l’écriture typographique « il s’agit d’une mode qui reprend et développe (à la fin du XVe et au siècle suivant) ces lettres initiales décoratives, dont l’origine vient des différentes variantes de l’écriture onciale des VIIe et VIIIe siècle, réutilisées comme lettrines à partir du XIIe siècle dans les manuscrits. » Et de préciser qu’à « l’époque, « tourneur » signifie simplement que le dessin est rond, arrondi, qu’il « tourne » [formation de la lettre par l’action du pinceau]. Les langues germaniques les nomment « lettres gothiques de monastères ». Elles sont parfois décorées (on les appelle parfois « initiales lombardes) ».

Une présentation plus complète que celle proposée par Bertrand Gallimard Flavigny (« celle qui affecte des formes rondes et dont les déliés se terminent en traits ou lacets arrondis ») ou par Gabriel Peignot dans son Dictionnaire de bibliologie (« lettres majuscules gothiques des manuscrits et des imprimés »).

« Ajoutées à la main au pinceau au début de l’impression typographique elles sont parfois à la fin du XVe gravées sur bois ou sur cuivre puis sont ensuite « transformées » en caractères en plomb pour les corps pas trop grands ». La couleur rouge se rencontre souvent comme dans notre exemple.

Le Manuel typographique de Pierre-Simon Fournier  (disponible en fac-similé) montre un alphabet de lettres tourneures :

Sources :

Histoire de l’écriture typographique  : de Gutenberg au XVIIe siècle / Yves Perrousseaux [article sur BiblioMab]

Histoire de la calligraphie française  / Claude Médiavilla. Paris : Albin Michel, 2006

FOURNIER P., GRAVELOT, SÈVE J. D., FESSARD É., BARBOU J. (. Manuel typographique, utile aux gens de lettres, & à ceux qui exercent les différentes parties de l’art de l’imprimerie. Par Fournier, le jeune. Tome I-[II]. Paris : imprimé par l’auteur et se vend chez Barbou, 1764-1766. 2 tomes (XXXII-323 p., [16] f. de pl. ; XLIV-306 p.) p. [Le fac-similé est en ligne]

Léo Mabmacien

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