Le registre pour le relieur


Via lactea, seu vita candidissima S. Philippi Neri presbyteri, cunctis olim caelestem pandens viam,…SS. D. N. Innocentio XI. P. O. M. dicatum opus. Per Doct. Iosephum Ramirez, Valent. Metrop. Ecclesiae… Valentia in Hispania, et Mediolani. Ex typographia Iosephi Ambrosii Maiettae, propè Monasterium S. Radegundae, 1680

Le registre dans le livre imprimé est une « table imprimée en fin d’ouvrage et indiquant, dans l’ordre des cahiers, les premiers mots des feuillets (ou le plus souvent de la première moitié des feuillets) de chaque cahier (référence ci-dessous) ». Utilisé au 15e et au début du 16e siècle, le registre était une aide à l’assemblage des cahiers, en l’absence (ou de la faible présence) des autres repères comme les signatures, les réclames, les titres courants, la pagination… Le registre est précédé de la mention latine registrum si l’édition est en latin.

Selon Jean-Dominique Mellot cette pratique, qui apparaît en Italie vers 1470, serait plutôt une innovation due à l’imprimerie typographique (stockage des feuilles à assembler). Pour les incunables imprimés en France, le registre est assez peu utilisé mais pour Jean-Dominique Mellot ils auraient pu être imprimés sur des feuilles à part qui n’auraient pas été conservées à la reliure. Le registre tombe en désuétude au début du 16e siècle, survivant en Italie principalement, « à travers la forme du registre de signatures ». En général « la liste de signatures est complétée par un récapitulatif du nombre de feuillets dont se compose chaque cahier », par exemple 8 pour un livre au format in-8 comportant des cahiers de 16 pages.

Le registre des signatures (exemple ci-dessus) remplace le registre de mots avec l’usage des signatures (première apparition à Venise en 1483). Après le 16e siècle il est rarement utilisé (en Italie surtout).

Dans la page présentée ici, nous avons après le mot FINIS (« Fin ») la mention en latin du registre (registrum), puis les symboles et les lettres qui ont été utilisés comme signatures, suivis de la mention « omnes sunt folii » que l’on peut traduire par « tous les feuillets sont là ». S’ensuit un beau fleuron gravé sur bois et un achevé d’imprimer. Nous avons là un exemple tardif d’utilisation du registre par l’imprimeur-libraire Giuseppe Ambrogio Maietta de Milan.

Page extraite de l’ouvrage suivant :

Via lactea, seu vita candidissima S. Philippi Neri presbyteri, cunctis olim caelestem pandens viam,…SS. D. N. Innocentio XI. P. O. M. dicatum opus. Per Doct. Iosephum Ramirez, Valent. Metrop. Ecclesiae… Valentia in Hispania, et Mediolani. Ex typographia Iosephi Ambrosii Maiettae, propè Monasterium S. Radegundae, 1680 [extraits disponibles en ligne]

Source :

Dictionnaire encyclopédique du livre : tome 3 : N-Z. Paris : Ed. du Cercle de la Librairie, 2011, p 484-485

Léo Mabmacien

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