Suor Isabelle Piccini, femme graveur et nonne


Gravé par Suor Isabella PIccini
Portrait de St François de Paule gravé par Suor Isabella PIccini (en bas à gauche). Sur une édition d’Antonio Bortoli à Venise (1704).

Rares sont les femmes ayant joué un rôle dans l’art de la gravure au 17e et 18e siècle.  Elisabetta  Piccini (Venise, 1644?-1735), fille du graveur Jacopo Piccini (mort en 1669) fut une artiste et une religieuse singulière qui mérite d’être connue.

Son père et son oncle étant graveurs et illustrateurs, elle s’initie très tôt à la gravure et au dessin. Son père décède à son adolescence et elle est prête à reprendre l’affaire familiale. Elle est cependant obligée à 20 ans de rentrer comme nonne au monastère franciscain de Santa Croce à Venise. Dorénavant elle s’appellera Suor Isabella.  Profitant d’un lieu au calme, elle va exceller dans l’art de la gravure en taille-douce et fournir aux éditeurs vénitiens quantité de gravures. Elle aura une relation suivie et longue avec les Remondini (célèbre lignée d’imprimeurs-libraires papetiers dominotiers) que l’on retrouve dans la correspondance échangée pendant plus de 40 ans. Remondini loue son travail rapide, soigné et d’un coût modéré. Ses oeuvres ont été utilisées pour des bréviaires, des missels, des ouvrages ascétiques, des vie de saints mais aussi pour de la poésie, de la philosophie et pour un ouvrage sur l’art d’élever les chevaux. Elle a tellement de demandes qu’elle se trouve dispensée d’offices. L’ argent qu’elle reçoit permet l’entretien du monastère. Elle est nommée vicaire de 1718 à 1724 mais les responsabilités ne sont pas ce qu’elle préfère.

Sans être novatrice elle sut se faire apprécier de ses commanditaires et des lecteurs pour ses représentations simples et sincères (dans l’ère du temps pourrait-on dire).  Son style a été critiqué au 19e siècle par certains mais elle mérite qu’on la redécouvre non ?  Elle meurt à l’âge de 90 ans le 29 avril 1734.

Sources :

Laura di Fazio. Elisabetta Piccini detta suor Isabella. In Enciclopedia delle donne [en ligne]

 Isabella Piccini. Notice sur le site du Museo Civico « Carlo Verri » de Biassono en Italie [en ligne]

Suor Isabella Piccini. Notice succincte sur le site de la Bridwell Library [en ligne]

Léo Mabmacien

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Une réflexion au sujet de « Suor Isabelle Piccini, femme graveur et nonne »

  1. Intéressante cette Isabella Piccini. Merci.
    Quelle patience avaient ces artistes-là !
    Mais (dans l’ère du temps pourrait-on dire).
    dans l’air du temps peut-être ?

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