Achevé d’imprimer : des exemplaires de chapelle, de montre et de dépôt


Parfois un achevé d’imprimer réserve quelques surprises. Je suis tombé sur un achevé d’imprimer d’un livre de peintures du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris et d’Arts et Métiers Graphiques de 1974 comportant une justification du tirage, c’est-à-dire une mention indiquant les papiers utilisés, les exemplaires numérotés (tout ou partie de l’édition), un peu particulière :

« Une estampe en couleur, justifiée et signée, tirée sur les Presses du Circula de la Estampa Original, Mexico, accompagne les 125 premiers exemplaires de cet ouvrage. Il existe également XXV exemplaires de chapelle, de montre et de dépôt. »

Que sont donc ces exemplaires de chapelle, de montre et de dépôt ?

Les exemplaires de chapelle selon le CNRTL sont  les « exemplaires que les typographes, en vertu d’un ancien privilège, prélevaient sur tous les ouvrages imprimés et dont la vente permettait d’alimenter la caisse de chapelle », la caisse de chapelle étant au 19e siècle une aide de secours mutuelle associant les ouvriers et permettant de les secourir en cas de problème de santé et d’impossibilité de travailler.

Les exemplaires de montre ne renvoient pas à un vocabulaire de la typographie mais probablement au sens de « montrer », c’est-à-dire exhiber et exposer en public, donc ce sont probablement des livres réservés aux expositions. Les exemplaires de dépôt, eux, doivent être ceux destinés au dépôt légal à la Bnf et/ou à l’époque au Ministère de l’intérieur.

Léo Mabmacien

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5 réflexions au sujet de « Achevé d’imprimer : des exemplaires de chapelle, de montre et de dépôt »

  1. Merci pour cet article très intéressant.
    Pour « montre », on dirait aujourd’hui :
    – exemplaires de démonstration
    – exemplaires réservés à la promotion (directe ou via les distributeurs, revendeurs, libraires, etc).
    Pour l’ouvrage en référence, les exemplaires de montre étaient probablement destinés aux locaux de l’éditeur, éventuellement à être exposés sur des salons fixes ou itinérants.

  2. Le mot « montre » est du très bon français et change un peu de l’ordinaire. Autrefois on parlait même « d’exemplaires de monstre »… mais là cela peut prêter à confusion ;-) Par exemple, on appelle « pot de montre » ou « pot de monstre » le grand pot à pharmacie décoratif que les apothicaires plaçaient au milieu des autres qui contenaient des substances variées. Un exemple ici :
    http://museefabre.montpellier3m.fr/COLLECTIONS/OEUVRE_EN_VEDETTE/ARCHIVES/Atelier_Pierre_Favier_le_jeune_Pot_de_monstre_Mithridat
    J’ai écrit un article où j’en parle ici : http://www.lamesure.org/article-26818544.html

  3. étonnant de voir mentionner ces exemplaires habituellement surnuméraires – j’ai comme ça un exemplaire dont la justification porte la mention manuscrite : « exemplaire d’exposition », et un autre, non numéroté, avec un cachet sec : « spécimen ».

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