Signets et marque-pages dans les livres anciens


Plutôt que de corner une page pour « distinguer cette page des autres afin de pouvoir la retrouver ultérieurement », l’amateur(trice) utilisera un marque-page ou un signet, petite bande de papier, de tissu, de cuir, de carton qui dépasse de l’ouvrage. Les collectionneurs(neuses) de marque-pages sont appelé(e)s des signopaginophiles.

signet bleu

 

Certains livres, comme les livres anciens reliés ou les éditions reliées, possèdent un signet intégré au corps du livre :

« C’est sous le tranchefile de tête que s’adaptent les minces rubans de soie ou de coton appelés signets, anciennement sinets, destinés à servir de marques au livre. Jadis ces rubans, quand ils étaient nombreux, étaient adaptés à une tige ou tringlette de métal nommée pipe ou pippe » (Dictionnaire encyclopédique du livre).

Plus simplement on trouve dans certains livres anciens notamment de droit des bandes de papier ou de parchemin collées au niveau de la tranche. Il m’arrive souvent de tomber sur des bouts de papiers volants (écrits ou vierges, imprimés ou manuscrits…) dissimulés entre les pages. De belles surprises en perspectives…

 

Bande collée à droite au niveau de la tranche sur un livre de droit ancien

 

 

 

Exemple de signet contemporain
CIM A. Petit manuel de l’amateur de livres. Paris : E. Flammarion, 1923. 255 p.
Dictionnaire encyclopédique du livre. Tome 2, E-M. Paris : Editions du Cercle de la Librairie, 2005. ISBN 2-7654-0910-2

Léo Mabmacien

12 réflexions au sujet de « Signets et marque-pages dans les livres anciens »

  1. Superbe sujet qui mérite, je l’espère, de très nombreux développements de la part des bibliophiles qui lisent ce blog. Merci, Léo. :-)

  2. Rien de plus horrible, de plus déprimant que de trouver des pages cornées.
    J’ai déjà éduqué, ou tenté de le faire, des personnes de mon entourage qui avaient cette déplorable habitude ; il faut faire usage de persuasion et parfois de menaces.
    Je me livre, en modeste amateur, à des travaux de reliure et je déplore de ne pas trouver des rubans convenables pour réaliser les signets ; bien sûr on en trouve chez les fournisseurs mais ils sont le plupart du temps en fibres synthétiques, très glissants et toujours beaucoup trop épais – bien loin de ce que l’on rencontre dans les livres anciens.
    Sans être signopaginophile, je conserve néanmoins ceux que je rencontre. Il me semble que c’est un complément à la bibliophilie ou bibliomanie.

  3. Depuis la lecture de ce blog, ma tendance à une légère collection de signets s’est aggravée…
    Je récolte ceux que je trouve chez les libraires, en me cantonnant au papier et au carton (donc : exit les vilains signets en plastique) ; je sais que cette petite collection n’a aucun avenir, mais je n’y peux rien.

    René de BLC, que pensez-vous des rubans utilisés par Gallimard pour La Pléiade ?
    De mon point de vue de lecteur, je les trouve agréables. En tous cas, même s’ils s’effilochent un peu (si l’on n’est pas soigneux avec eux), ils tiennent assez bien dans le temps. Je possède des Pléiade qui ont une soixantaine d’années et dont les rubans marque-pages sont dans un très bel état.

    Enfin, je partage votre avis concernant les pages cornées, comme les passages soulignés ou surlignés, ou encore les notes dans les marges (à moins qu’elles ne soient de Flaubert ou de Balzac :-) ).

  4. @ Léo.
    Bien sûr, je récupère les signets anciens chaque fois que l’occasion se présente.

    @ Freddy
    Je viens de me livrer à un tout petit travail afin d’acquérir quelques données factuelles sur les signets :
    Les quelques pièces anciennes ont une épaisseur qui varie de 0,03 à 0,07 mm (environ) ; un signet moderne atteint 0,22 mm et ce n’est sans doute pas un record. L’épaisseur des signets de La Pléiade est de 0,13 mm, ce qui est honorable.
    Je crois avoir lu jadis que le tissage de ces textiles très minces s’appelait Jaconet ou Jaconette ?

    Je vais envoyer à Léo une photo de quelques pièces, de quoi élargir encore un peu le champ des centres d’intérêt bibliophiliques …

    René

  5. De quand datent les signets « anciens » et de quelle matière étaient-ils constitués ?
    Je pense aux signets publicitaires en carton de la première partie du XXe siècle, mais il doit en exister bien plus vieux…

  6. Pour les rubans de soie je dirais à vue de nez 17e (pour l’occident), les signets en carton fin 19e mais je n’ai pas fait de vérifications…
    Léo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.