Un loueur de livres des années 60


Il suffit parfois de peu de chose pour rendre un livre intéressant. « Les vagabonds » de Maria Lodi publié aux éditions de Trévise en 1959 (Paris) appartient aux romans dits « à l’eau de rose » ou romans sentimentaux. A priori un livre tout à fait banal. Mais outre sa couverture plastifiée (et agrafée aux coins), on découvre sur la page de garde et sur la page de titre un tampon indiquant que ce livre provient d’un « loueur de livres », M. Vié, domicilié à Perpignan, 1 rue de la Cloche d’Or. Il est même indiqué sur la page de titre le prix de la location « 1F40 » et un numéro (173), repère d’identification et de classement pour ce loueur. Je n’ai pas trouvé d’informations en ligne sur ce loueur-libraire. Il faudrait pouvoir consulter le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales pour en savoir plus (en version papier dans quelques bibliothèques). On peut juste situer approximativement dans le temps ce loueur qui devait exercer dans les années 60 (livre imprimé en 1959), dans tous les cas avant 1972 selon le code postal inscrit sur le livre.

Pour rappel, la location de livres est proposée habituellement par un libraire, qui moyennant une petite somme propose la location de livres et de journaux, soit sur place, soit en location.

Françoise Parent-Lardeur dans son article sur les cabinets de lecture (référence ci-dessous) rappelle que l’âge d’or de la location de livres date du 19e siècle mais que « leur existence va bien au-delà de la Première Guerre mondiale » et qu’il « était même possible, récemment encore, d’en trouver quelques rares survivances ». Aujourd’hui les loueurs sont sur Internet et les livres sont devenus numériques…

Léo Mabmacien

Sources :

Article « Cabinet de lecture ». In Dictionnaire encyclopédique du livre, tome 1, A à D. Paris : Ed. du Cercle de la Librairie, 2002, p. 410-411

 

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4 réflexions au sujet de « Un loueur de livres des années 60 »

  1. Bonjour
    Pendant, près de 20 ans, j’ai pratiqué la location de livres à Paris. Sur la 1ère page, j’opposais un cachet Vente et Reprise. Exemple vente 2.00frs, reprise 1.00 frs. Le client avait la possibilité de garder le livre, si ce dernier lui plaisait ou de le ramener et il avait un avoir de 1,00frs sur le prochain livre qu’il choisirait La plus grande partie concernait des livres de format poche. En général, les clients en prenaient entre 10 à 20, et revenaient tous les 15 jours. . J’ai arrêté car l’administration considérait que c’était une prestation de service et elle taxait à 19,6% de TVA au lieu de 5,5%; J’ai stoppé, car trop de travail, je gérais chaque jour, près de 200 à 300 livres, à classer, ranger par genre, série, numéro, etc.en fin de journée. Mon stock était, environ, 5 à 6000 volumes

  2. J’ai bien connu dans les années 60 et 70 la bibliothèque du comité d’entreprise d’une grosse société que l’on qualifiait de « paternaliste » parce qu’elle s’occupait de ses employés et de leur famille pratiquement de la naissance à la mort !
    Ce qu’il convenait d’appeler « La Cercle » était un C.E. qui proposait aussi bien des locaux pour jouer que des séjours en colonie de vacances pour les enfants et, bien entendu, une bibliothèque et une discothèque de prêt absolument fabuleuse par leur taille et leur diversité.
    Nec plus ultra, chaque ouvrage acheté était relié aux frais du C.E. par un relieur professionnel : dans les années 30 et 40, les ouvrages étaient reliés en cuir, et ensuite, à partir des années 50 – probablement pour des raisons de coût – en couverture rigide toilée, ce qui n’était déjà pas si mal.
    Ceci s’appliquait aussi bien aux « beaux livres » qu’aux romans de poche et aux ouvrages pratiques dont cette bibliothèque fourmillait – ouvrages de bricolage, de couture, de tenue de la maison par la ménagère (aujourd’hui ça ferait au mieux sourire, au pire grincer des dents).
    Le fond de cette bibliothèque – plusieurs dizaines de milliers d’ouvrages ! – a été cédé en totalité aux employés lors d’une « vente » aux enchères à la fin des années 70 ; chacun est reparti avec quelques cartons de livres, pour la plupart vendus quelques francs (le carton…).
    Pour ne pas terminer sur une note triste ou nostalgique : il existe toujours des bibliothèques municipales (on utilise plutôt le terme de médiathèque) où de nombreux bénévoles et quelques salariés transmettent encore leur passion aux lecteurs qui empruntent les ouvrages.
    Dans ma campagne profonde, ceux qui ne peuvent pas se rendre à la sous-préfecture où la médiathèque est très active, peuvent encore chaque semaine emprunter au bibliobus itinérant qui vient au devant des lecteurs.

  3. Merci Freddy de nous rappeler l’importance des bibliothèques de CE trop injustement passées sous silence… Il n’en reste plus beaucoup aujourd’hui mais je me rappelle mon père revenir à la maison avec des livres et des vinyles… Un bon complément à la bibliothèque municipale…
    Cordialement
    Léo

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