La Sainte Bible racontée par un Auvergnat


La Sainte Bible racontée par un Auvergnat fait partie de ces ouvrages qui se développent à partir des années 1880 en France contre les dogmes, la religion catholique ou les Ecritures, utilisant la caricature et la satire, le tout appuyé par l’illustration.

 

Page de titre

Plusieurs facteurs expliquent ces éditions selon Guillaume Doizy : une explosion de l’utilisation de l’image, un mouvement libre penseur en pleine expansion et la loi de 1881 sur la presse qui donne une bouffée d’air aux auteurs. Plusieurs Bibles « retravaillées » et illustrées voient le jour après 1881 : la « Bible farce ou Bible comme elle est », la « Bible amusante pour les grands et petits enfants » par Léo Taxil en 1882, une « Bible pour rire » et en 1892 notre Sainte Bible à la Librairie des publications modernes (10 rue de la Grange-Batelière à Paris), imprimée par l’Imprimerie du Progrès de Charles Lépice, 7 rue du Bois à Asnières. Les 681 pages de format in-12 (ou in-16) sont parsemées d’illustrations de G. Moynet. Selon Guillaume Doizy, la Sainte Bible aurait parue d’abord en feuilletons dans le journal la France anti-cléricale avant de paraître en livre mais je n’ai pas trouvé mention de ce journal lors de mes recherches.

Cette Bible est fort rare à trouver, l’exemplaire que je vous présente ici ne m’appartient pas malheureusement.

Adresse au lecteur
suite de l’adresse au lecteur (« j’ai réjolu de commencher chon éducachion en lui apprenant la Chainte-Bible, qui est comme l’A, B, C des ratichons ») et début de la Genèse
Continuation de la création du Monde
Début de Ruth
Fin de la Chainte-Bible et début de la table des matières. Il est indiqué que la suite se trouve dans la Vie de Jésus

Selon l’indication manuscrite ci-dessus, la suite de la Chainte-Bible se trouve dans le livre intitulé « La Vie de Jésus ». Il s’agit du livre écrit par Léo Taxil et dont une version grand format illustrée par Edouard Pépin en 1900 est disponible en ligne sur Wikisource. La première édition en feuilleton date de 1890.

 

Livre présenté

La Sainte Bible racontée par un Auvergnat / Anonyme ; dessins de G. Moynet, Paris, Librairie des publications modernes, Imprimerie du Progrès (Asnières), 1892, 681 p.

En savoir plus

Guillaume Doizy, « De la caricature anticléricale à la farce biblique », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 134 | avril – juin 2006, mis en ligne le 18 octobre 2009, consulté le 23 janvier 2020. URL : http://journals.openedition.org/assr/3660 ; DOI : 10.4000/assr.3660

 

Léo Mabmacien

8 réflexions au sujet de « La Sainte Bible racontée par un Auvergnat »

  1. Bonjour Léo Mabmacien, et merci de votre travail et de vos recherches.
    En ce qui me concerne, ce bouquin est intéressant à plusieurs titres :
    1°) il n’y aura jamais trop de satyres des dangereux parasites de toutes les cléricatures et de tous les temps, quelles qu’elles soient, et il est bon que, si naïves soient-elles, les voix de nos aînés qui ont eu à en pâtir aux époques héroïques ne tombent pas dans l’oubli ;
    2°) il est toujours émouvant de voir du travail de typographe tel qu’il n’est plus guère pratiqué ;
    3°) c’est un peu plus anecdotique, mais comme je m’intéresse à la sociologie de la chanson – au sens large : vocabulaire, poncifs, modes et vogues, du cabaret au show-biz et du vaudeville à l’opérette –, on voit que le fameux “accent auvergnat” est déjà stigmatisé et assez bien ancré dans les esprits pour être utilisé dans des ouvrages sans que la lecture en devienne incompréhensible… avec toutefois des incohérences (il n’est pas si simple de suivre les contraintes d’écriture qu’on s’est données). Par exemple, sans aller chercher bien loin, si l’on est rigoureux et suivi dans les permutations de consonnes adoptées par le narrateur, le premier chapitre eût dû s’intituler “La Genège” (tel qu’énoncé immédiatement avant sur la page en vis-à-vis, à la fin de l’avis aux lecteurs), de même qu’on aurait dû avoir “I La Créachion du Monde”.
    Au passage, pour ce qui est de la typographie et de l’impression, dès la page 2 on peut constater une coquille (à la fin du premier paragraphe on a “dispogcihions” avec inversion du “c” et du “i” au lieu du “dispogichions” attendu) et dès la page 4 une pétouille (probablement due à morceau de papier venu se coller sur la forme) qui gène la lecture des deux derniers mots du paragraphe commençant par « Pour un gas […] ».
    À bientôt.
    Amicalement,
    L. A.

  2. P. S. : Évidemment, comme on me le fait remarquer à juste titre, je m’étais dit intérieurement « beaucoup, par inattention, tombent dans ce piège et mettent “satyre”, plus tape-à-l’œil avec son i grec, au lieu de “satire”, je vais donc me méfier et utiliser le bon terme ». Et vlan, je fais une inversion. Qu’on me pardonne, même si comme concluait Jacques Brel : « […] Et puis pardon encore, et puis pardon surtout, de ne jamais savoir qui doit nous pardonner.» («Pardons», J. Vigoureux – J. Brel, 1957).
    L. A.

  3. Je suis ébloui par tant de savoir, mais il me semble que si “iota” est le nom du “i”… chez les Grecs, où vous avez peut-être eu, contrairement à moi, l’occasion d’aller faire un tour; en revanche, en français on continue à nommer «i grec» la pénultième (depuis le délaissement de l’esperluète) lettre de notre alphabet, qui s’écrit “y”. Au point même que c’est ainsi qu’on l’enseigne aux élèves dès qu’ils entrent à l’école.
    Avant de retourner à vos pérégrinations chez les Hellènes, et s’il y a lieu (si ce que j’avance n’est pas… orthodoxe), n’hésitez pas à prendre encore le temps de me détromper, j’adore apprendre.
    L. A.
    P. S. : Et sinon, quel commentaire vous inspire l’ouvrage présenté, qui, je vous le rappelle, est ici le sujet ?

  4. Ce serait amusant de lire intégralement un ouvrage de ce type. En revanche, je ne choisirais peut-être pas celui-ci dont la lecture risque d’être un peu rebutante avec cette accumulation de mots chuintés.
    Sur la forme, cela me fait penser aux écrits régionaux authentiques (Toinou d’Antoine Sylvère par exemple).
    Merci pour la découverte.

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