Des livres qui ont servi
janvier 28th, 2012 § 1 Commentaire
Bonjour,

Une trop bruyante solitude (Extrait) - Tous droits réservés
Livres manipulés, livres usés, livres abîmés, livres tachés, livres cornés, livres fatigués, livres abandonnés et pilonnés, j’en oublie….
Les livres ont la vie dure une fois sortis de l’imprimerie et je suis toujours étonné quand je découvre un livre ancien qui a su traverser les siècles presque sans encombre. Car le temps laisse des traces comme on peut le voir sur les deux images ci-dessous. Je ne sais pas vous mais je préfère un livre ancien qui a été utilisé à un livre ancien à l’état de neuf, jamais manipulé et qui est resté tristement sur son rayonnage…
Ce petit article est pour moi l’occasion de vous conseiller la lecture d’Une trop bruyante solitude, roman écrit par Bohumil Hrabal et adapté magistralement en bande dessinée par Lionel Tran, Ambre et Valérie Berge. Ce livre met en scène Hanta, qui depuis 35 ans presse du papier (il les transforme en balles destinées au recyclage). Il s’intéresse aux ouvrages avant leur destruction et en sauve une partie. Un manque de productivité qui finira par le rattraper car on n’arrête pas le progrès non ?
un livre ici religieux dont on a déjà parlé, qui a été manipulé et lu dans la pénombre, éclairé par des bougies
Léo Mabmacien
Diversité des marques d’imprimeurs : l’exemple des Cramoisy
janvier 23rd, 2012 § 7 Commentaires
Bonjour,

1631 sur in-folio, marque gravée sur cuivre par Jean Picquet. On remarque les armes de l'imprimeur dans le médaillon du haut, une ancre surmontée de trois étoiles et le chiffre en médaillon en bas de Sébastien Cramoisy (fonds Léo Mabmacien)
Sébastien Cramoisy (1584?-1669), actif entre 1606 et 1669, fut l’un des plus important imprimeur-libraire à Paris au 17e siècle. Imprimeur du Roi, directeur de l’Imprimerie Royale de 1643 à 1661, échevin, grand-juge consul, administrateur des hôpitaux, garde des poinçons du Roi, libraire de Richelieu… il amassa une fortune considérable et publia de nombreux ouvrages (religieux pour la plupart) qui dominèrent le paysage éditorial du siècle. Il fut notamment directeur de la Compagnie de la grand-Navire, réunissant et associant des libraires parisiens pour publier des œuvres des Pères de l’Eglise (célèbre marque au navire). Il employa plusieurs marques typographiques tout au long de sa carrière, passant de la gravure sur bois au cuivre, selon les formats employés (une grande marque ne tenant pas sur un in-12 par exemple), les remplaçant selon leur usure au fil du temps. On peut voir ci-dessus et ci-dessous la variété de celles-ci (des grands formats). En fait il reprend la marque et la devise de Sébastien Nivelle (1525?-1603), son grand-père, imprimeur-libraire à Paris de 1549 à 1603. Il lui succède en 1612 et s’établit à Paris rue Saint Jacques à l’enseigne “aux (deux) cigognes”. Il eut aussi une adresse à Pont-à-Mousson entre 1621-1627.
Détaillons un peu la marque typographique ci-dessus trouvée dans un in-folio de 1631. Dans un médaillon central figurent deux cigognes qui volent dont l’une soutient et nourrit l’autre, entouré de la devise extrait de la Bible (“honora patrem tuum et matrem tuam ut sis longaevus super terram. Exod. XX.” que l’on traduit par “honore ton père et ta mère afin que tes jours se prolongent sur la terre”. Autour de ce médaillon central 4 médaillons représentant des scènes de piété filiale et deux petits médaillons (l’un avec les armes de Sébastien Cramoisy, l’autre son chiffre – ses initiales, un coeur et une croix en forme de 4-).
Ci-dessous les différentes marques utilisées par Sébastien Cramoisy au fil du temps (voir aussi la notice de la base Marques d’impressors) :
A noter : une gravure sur cuivre s’use plus vite qu’une gravure sur bois lors de l’impression.
Son petit-fils Sébastien Mabre-Cramoisy (1637?-1687) rentre en apprentissage en 1652 et travaillera en association avec Sébastien Cramoisy jusqu’en 1669. Actif entre 1659-1698 mais avec moins de succès que son prédécesseur (il est entre autre victime de contrefaçons provinciales), sa veuve reprend l’affaire en 1687 et publie notamment sous le nom de son mari jusqu’en 1698. Le fonds est racheté en 1715 par Jean-Joseph Barbou qui reprendra la marque des Cramoisy (avec quelques modifications) tout comme après son neveu Joseph Gérard Barbou.
Sébastien Mabre-Cramoisy garde précieusement la marque aux cigognes qui va vers une simplification (fin de la devise, un seul médaillon…), à l’heure où l’usage des marques tend à s’amenuiser. En voici trois ci-dessous dont une composée d’un monogramme de l’imprimeur-libraire, alors à la mode à cette époque (voir aussi la notice de la base Marques d’impressors) :
Pour finir un extrait d’une page de titre d’une contrefaçon d’une édition de Sébastien Mabre-Cramoisy, gravée dans le marbre (sourire) :
Source utile :
Léo Mabmacien
La bibliothèque André Desguine, collection d’un bibliophile
janvier 17th, 2012 § 4 Commentaires
Bonjour,
“La possession de mes livres est provisoire, en attente et au service de ceux qui, après moi, pourront en jouir.” André Desguine
Qui n’a pas rêvé un jour de donner sa collection à une bibliothèque ? Pas quelques ouvrages non mais une bibliothèque complète à l’instar d’un Le Tellier, bienfaiteur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.
Les Archives départementales des Hauts-de-Seine ont reçu un sacré trésor en 1983 de la part de la veuve d’André Desguine (1902-1981) : 55 000 documents (livres et revues) dont 8 000 éditions antérieures à 1800. André Desguine, qui fut directeur de l’Institut Albert de Lapparent, puis de l’Ecole des Travaux publics de Cachan de 1943 à 1972, a constitué au fil des ans (presque 60 ans) une bibliothèque à l’ancienne, fruit d’une démarche intellectuelle rigoureuse, chaque achat étant mûrement réfléchi, afin de constituer une “bibliothèque de l’honnête homme”. Ses ouvrages ne portent pas de marques d’appartenance, il considérait leurs possessions comme provisoire. Ce qui m’étonne c’est de découvrir la pièce qui lui servait de bibliothèque -on peut en voir une photo sur le site- on est en dehors du temps. Pas de catalogue chez lui mais un inventaire alphabétique succinct. Emmenait-il cette liste dans ses déplacements ? Les Archives des Hauts-de-Seine qui ont hérité du fonds ont catalogué pour l’instant 5300 (ou 7000 selon la page d’accueil) documents (le catalogue est disponible en ligne), à savoir : 151 incunables (intégralité du fonds), 1020 éditions du 16e siècle (les 3/4), 265 du 17e, 1120 du 18e, 1055 du 19e et 1610 du 20e siècle. Le fonds ancien en lui-même comprend 7200 volumes dont 4547 volumes du 18e siècle. Un tiers des 36 000 documents du fonds moderne sont des éditions du 19e siècle. La bibliothèque s’articule autour de trois grandes thématiques (Théologie, Belles Lettres et Histoire) avec une part belle aux impressions révolutionnaires, aux incunables, à la littérature grecque profane et chrétienne, à la littérature française des 19e et 20e siècles. Pour plus de détails je vous renvoie à l’excellent site proposé par les Archives qui explique dans le détail les fonds conservés.
Les actions de valorisation du fonds menées par les Archives sont exemplaires : un service éducatif s’occupe de l’accueil de classes, d’ateliers pédagogiques, élabore des dossiers pédagogiques et organise le prêt d’expositions gratuites pour les enseignants. Ces expositions itinérantes reprennent en partie les expositions régulièrement organisées par la bibliothèque, la dernière est consacrée à Théophile Gautier. En complément on trouvera sur le site une version en ligne pour certaines d’entre elles (Florian, L’ère du temps, Image de science) et des morceaux choisis (identification d’un incunable, images de la girafe). Des publications sont aussi proposées à la vente (des livrets pédagogiques et des ouvrages bibliographiques sur certains fonds de la bibliothèque).
Mais ce n’est pas tout : le visiteur a accès à une bibliothèque virtuelle de plus de 500 titres téléchargeables, choisis parmi les plus précieux, les plus fragiles ou les plus exceptionnels. L’accès est très simple, par mots-clés ou par listes (auteurs, titre, date). Par contre on ne peut pas faire de recherche plein-texte, l’ OCR n’étant pas prévu… Un autre regret plus important, l’absence (temporaire ?) de ces ouvrages dans Gallica.
La bibliothèque André Desguine n’est pas figée et d’autres enrichissements sont réalisés (legs Mottini en 2004 de 700 volumes du 16e au 20e siècle), en accord avec les trois grandes thématiques du fonds. Un travail remarquable à saluer !
Sources utilisées : notice du CCfr, site internet de la bibliothèque
Léo Mabmacien
Digmap : portail de cartes anciennes
janvier 13th, 2012 § 2 Commentaires
Bonjour,
Des cartes anciennes numérisées. C’est ce que propose le portail Digmap (discovering past world with digitized maps) qui regroupe plusieurs fonds de bibliothèques (Bibliothèque nationale du Portugal, de Florence, d’Espagne, d’Australie, la Bibliothèque Royale de Belgique…). 50 000 références de cartes sont proposées mais les cartes n’ont pas toutes été numérisées. Des cartes que l’on retrouve aussi sur Europeana.
Pour les amateurs et amatrices de cartes et atlas anciens je vous recommande aussi la page thématique de Lexilogos.
Léo Mabmacien
Permissions, approbations, privilèges, censure avant la Révolution française : l’édition sous contrôle
janvier 6th, 2012 § 3 Commentaires
Bonjour,

Le privilège et l'approbation peuvent se trouver à la fin des pièces liminaires ou sur le dernier verso du livre. La reproduction intégrale demande une page entière (in-folio ou in-4) et plusieurs pages pour les in-8 et in-12.
Nous allons voir ensemble la réglementation en France de l’édition, principalement la réglementation en cours avant la révolution de 1789. Car il y’a bien un avant et un après la Révolution française. Il faut savoir qu’à partir du moment où une réglementation s’élabore, une censure s’instaure quel que soit le régime ou pouvoir en place. Après ce n’est qu’une question de forme : censure officielle, officieuse, censure de l’auteur, contrôles divers…. Les formes sont nombreuses et je vous renvoie au petit livre de Jean-Michel Ducomte sur la censure si vous désirez en savoir plus.
En ce qui concerne l’imprimerie typographique les autorités civiles et religieuses n’ont pas tardé à mettre leur nez dans ce qui était publié. Imaginez leur crainte quand ils s’aperçurent que l’imprimerie permettait une multiplication rapide et à grande échelle des écrits. Il fallait contrôler tout cela. Et pour cela il existe deux façons d’intervenir : accorder à l’éditeur un monopole sur un texte pour une durée limitée (le privilège) et la censure (avant avec l’examen du manuscrit et après publication).
Le Privilège du Roi, tout en accordant une protection contre la contrefaçon, permettait le contrôle du texte puisqu’il nécessitait une approbation des censeurs royaux (religieux ou laïcs selon le texte) pour être protégé. Le texte manuscrit était remis avec son approbation au Garde des Sceaux . De plus le privilège demandait à ce que l’impression se fasse dans “notre bon royaume”, en “bon papier & en bons caractères” et que deux exemplaires soient remis “dans notre bibliothèque publique” (le fameux dépôt légal). Le privilège assure un monopole sur l’ouvrage pendant un temps déterminé (théoriquement) mais il est souvent renouvelable. Cela au bénéfice des libraires parisiens, proches du pouvoir, même si en province les Parlements délivraient également des privilèges ou permissions.
La censure s’exerce principalement contre les critiques du Roi, du pouvoir royal, de l’Eglise et de la morale ; au 18e siècle sur les livres érotiques et les livres philosophiques (se réclamant des Lumières). L’approbation était obligatoire (1701 pour les livrets de plus de deux feuilles) pour avoir le droit d’imprimer un texte. Relativement sobre l’approbation rappelle le titre de l’ouvrage et le nom de l’auteur accompagnés d’une formule type : “nous n’avons rien trouvé de gênant …”. Approbation et privilège doivent être présents dans le livre (au début ou à la fin). Sa reproduction intégrale demande une page entière (in-folio ou in-4) et plusieurs pages pour les in-8 et in-12.
La censure s’exerçait également après la publication de l’ouvrage. La police du livre était chargée de saisir les stocks des libraires écoulant des ouvrages prohibés ou contrefaits, de surveiller les transports de livres, les importations provenant de l’étranger… L’incriminé pouvait se retrouver avec une belle amende, la saisie de son fonds voire la prison. Les cas sont cependant assez rares (voir “La police du livre” in Histoire de l’édition française, tome 2), la rivalité entre la direction de la Librairie (qui accorde les privilèges) et la police et la justice (infractions) expliquant en partie cette inefficacité.
La censure entraîne la contrefaçon ou l’impression d’éditions interdites, qu’elles soient provinciales (Avignon…) ou étrangères (Genève, Neuchâtel et sa fameuse Société typographique, les Provinces-Unies, Liège, Bouillon…), favorisées par une absence de législation internationale et une politique libérale en matière d’édition. La censure permet aussi à un livre condamné d’avoir un beau succès de librairie.
Deux voies étaient possibles pour un imprimeur-libraire qui désirait imprimer un livre : la voie légale (avec des variantes : approbation, privilège) et la voie illégale (fausse adresse…). La multiplication des éditions clandestines et des contrefaçons a conduit à la mise en place des permissions simples (1701, revue en 1777) puis des permissions tacites (1709) au début du 18e siècle.
La permission simple, mise en place à partir de 1701, moins chère qu’un privilège, est accordée aussi par lettres patentes de grand sceau, pour une durée de 3 ans (5 ans à partir de 1777).Elle n’accorde pas de privilège dans l’édition.
La permission tacite, elle, “consistait à permettre officieusement l’impression d’un ouvrage en France, ou encore à fermer officiellement les yeux sur l’impression d’un ouvrage” (Source : Utpictura 18). Elle pouvait être accordée simplement oralement ou par écrit. “Pour obtenir une permission tacite, il fallait faire lire le manuscrit par la censure, au rapport de laquelle le directeur de la librairie était censé connaître son contenu. Le livre était alors publié généralement sans nom d’auteur et portait en principe sur la page de titre un lieu fictif de publication, hors de France : le but était que le livre ressemble à un livre clandestin, afin que le gouvernement ne soit pas tenu pour responsable des idées qu’il pouvait contenir (Source : Utpictura 18)”. La permission tacite n’apporte aucun monopole dans l’édition bien sûr !
Face à une situation catastrophique dans les années 70, où les contrefaçons et les importations de l’étranger sont légion, le pouvoir royal décide d’améliorer l’état de l’imprimerie en France. L’arrêt du 30 août 1777 du Conseil d’État du Roi “portant réglement sur la durée des priviléges en librairie” met met fin à la perpétuation des privilèges : un imprimeur peut alors imprimer librement les anciennes éditions non augmentées si le privilège est expiré et l’auteur mort. Une permission simple (remaniée) est alors accordée moyennant finances et sans garantie de non-concurrence (pas de privilège). La durée des nouveaux privilèges est aussi limitée à 10 ans maximum. Une mesure qui ne fut pas très efficace contrairement à la légitimation des contrefaçons, arrêt rendu le même jour que celui sur les privilèges.
La Révolution française viendra bouleverser tout cela en 1789.
Chronologie (non exhaustive)
1487 : le Pape signe une constitution pour contrôler la production des imprimés. Puis vient la censure de l’Université et de la Faculté de théologie de Paris
Deux types d’interventions :
- le privilège : on accorde à l’éditeur ou l’auteur un monopole sur un texte pour une durée limitée.
- la censure : avant la publication (examen du manuscrit) et après en cas de publications non autorisées.
1537 : création du dépôt légal par François Ier pour les livres (ordonnance de Montpellier du 28 décembre 1537 prescrivant l’envoi à la bibliothèque du roi d’un exemplaire des livres imprimés dans le royaume)
1559 : parution de l’Index librorum prohibitorum : liste de livres et d’auteurs dont la lecture est interdite aux catholiques romains. La dernière édition date de 1948.
1566 : Edit de Moulins. Permission du roi par lettre patente scellée du grand sceau pour toute impression de livre donnant lieu à l’obtention d’un privilège d’une durée variable (6 à 9 ans).
1618 : obligation en France d’imprimer le privilège au début ou à la fin du livre (en entier ou des extraits).
1629 : création de 4 postes de censeurs royaux et obligation de permission par lettre de grand sceau.
1648 : dépôt légal des cartes, estampes et plans
1701 : autorisation d’impression obligatoire pour tout texte de plus de deux feuilles (caractère cicero). Permission simple
1709 : mise en place de la permission tacite par l’Abbé Bignon
1704, 1739 et 1759 : limitation du nombre d’ateliers par ville, affectant la province
1723 (Paris) et 1744 : privilège ou permission obligatoire pour tout livre.
30 août 1777 : fin de la perpétuation des privilèges au profit des permissions simples. Limitation à 10 ans des droits de l’imprimeur ou du libraire sur l’œuvre achetée à l’auteur. Estampillage des contrefaçons.
1789 : abolition de la censure mais limitée à partir de 1791 : l’incitation à la désobéissance aux lois ou aux crimes est réprimée. En 1793 : censure répressive rétablie.
1791 (décret du 2 mars) : suppression des corporations donc des Communautés d’imprimeurs et de libraires.
1793 : fin des privilèges reconnus aux auteurs et fin des permissions
1810 : limitation du nombre d’imprimeurs et instauration d’un brevet
1815 : plus de censure préalable
1870 : suppression de la censure mais la loi de 1881 réduit sa portée.
1914 : censure préventive, levée en 1919
1939-1944 : censure
etc…
Sources utilisées et utiles :
Cerf, Madeleine. La Censure Royale à la fin du dix-huitième siècle. In : Communications, 9, 1967. La censure et le censurable. pp. 2-27 [en ligne]
Dictionnaire encyclopédique du livre. Tome 3, N-Z. Paris : Editions du Cercle de la Librairie, 2011
Gilmont, Jean-François. Le livre et ses secrets. Genève : Droz ; Louvain-la-Neuve : Université catholique de Louvain, Faculté de philosophie et de lettres, 2003. ISBN 2-600-00876-4
Quéreux, Delphine. Les règlements de la librairie au temps de Hubert-Martin Cazin. In : Hubert-Martin Cazin : libraire-éditeur : catalogue de l’exposition organisée à la bibliothèque municipale de Reims du 3 octobre au 4 novembre 1995 / par le Dr Jean-Paul Fontaine. Bibliothèque municipale de Reims, 1995
Roche, Daniel. La censure . In : Histoire de l’édition française, tome 2. Paris : Fayard ; Cercle de la Librairie, 1990, p. 88-98
Roche, Daniel. La police du livre. In : Histoire de l’édition française, tome 2. Paris : Fayard ; Cercle de la Librairie, 1990, p. 99-109
Saugrain. Code de la librairie et imprimerie de Paris. A Paris : aux dépens de la communauté, 1744 [en ligne]
Shapira, Nicolas. Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Seyssel : Champ Vallon, 2003
Léo Mabmacien
En bref (Pour bien commencer l’année) : lecture, journée d’étude, le papier chiffon de lin vergé
janvier 4th, 2012 § 5 Commentaires
Bonjour,
Plusieurs petites brèves pour commencer l’année. La parution tout d’abord du “Livre des Papes. La Curie, le Latran et la production manuscrite à l’usage de la papauté au Moyen Age (VIIe-XIIIe siècles) ” écrit par Maria Alessandra Bilotta. Ma traduction est approximative puisque le livre est en italien. Voici le titre en italien : “I Libri dei Papi. La Curia, il Laterano e laproduzione manoscritta ad uso del Papato nel Medioevo (secoli VI-XIII)”. Il paraît dans la collection “Studi e testi” de la Biblioteca Apostolica Vaticana (70 €, pour les spécialistes).
Table de matières Livre Bilotta _I Libri dei Papi_2-1
L’Enssib et le CCL (Centre de Conservation du Livre d’Arles) coorganisent le 12 janvier 2012 un séminaire “Droit et patrimoine en bibliothèque” (inscription gratuite) sur le thème Circulation licite et illicite des collections de bibliothèques aspects historiques et juridiques. La journée a lieu à l’Université Paul Monet (Sceaux) -Paris Sud. Le programme complet.
Enfin pour finir la librairie Essentiam vient de publier un article sur l’histoire du papier dans l’imprimerie dont la première partie consacrée au papier chiffon de lin vergé est en ligne.
Léo Mabmacien
L’année 2011 en revue…
janvier 2nd, 2012 § 5 Commentaires
Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.
Voici un extrait:
Le Musée du louvre reçoit 8,5 millions de visiteurs chaque année. Ce blog a été visité environ 91 000 fois en 2011. Si c’était une expo au Louvre, il faudrait à peu près 4 années pour qu’autant de personnes la visitent.
Cliquez ici pour voir le rapport complet.
C’est pas mal fait non ? C’est WordPress qui propose ce rapport. En attendant des articles plus fournis ;-)
Léo Mabmacien
Rêve de bibliophile : la découverte du plus vieux laboratoire photographique au monde avec sa bibliothèque
décembre 28th, 2011 § 8 Commentaires
Bonsoir,
“Le plus vieux laboratoire photographique au monde datant de 1840 et ayant appartenu à Joseph Fortuné Petiot-Groffier, a été découvert en Bourgogne par l’équipe de la maison Nicéphore Niépce. 550 flacons, 450 livres et plus de mille accessoires nécessaires à la réalisation des procédés daguerréotype et collodion.”
Voilà le genre de découverte que j’aimerais faire. Celle-ci fut divulguée en 2007 près de Chalon-sur-Saône. Cela faisait 152 ans qu’une pièce de la demeure était restée close, totalement laissée en état depuis la mort de Fortuné Joseph Petiot-Groffier, décédé mystérieusement en 1855 des suites des produits chimiques employés (probablement).
Vous pourrez lire le détail de cette découverte riche en rebondissements sur le site de la Maison Niépce qui se visite tout comme je vous conseille l’excellent Musée Niépce de Chalon-sur-Saône pour tout savoir sur l’invention de la photographie.
Les photographies disponibles sur Flickr sont saisissantes. Dommage que l’inventaire des documents de cette bibliothèque ne soit pas disponible en ligne (le laboratoire a été reconstitué, si des personnes l’ont visité ils peuvent nous donner des détails). Je serais curieux d’en savoir plus sur cette bibliothèque de travail.
Les détails de cette découverte
Le mot de la fin avant de vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année :
“Le cas de ce laboratoire n’est probablement pas isolé et d’autres trésors de ce genre dorment probablement attendant qu’on vienne les découvrir. Aussi la Maison Niépce voudrait-elle exprimer le souhait suivant : si certains d’entre vous ont connaissance d’endroits équivalents, n’attendez pas 30 ans pour en parler !”
Il va sans dire que vous pouvez me contacter en priorité, cela me ferait vraiment plaisir ! ;-)
Léo Mabmacien
Histoire de l’écriture typographique par Yves Perrousseaux : le 18e siècle
décembre 19th, 2011 § 3 Commentaires
Bonjour,
J’avais déjà évoqué avec vous le premier tome de cette magistrale Histoire de l’écriture typographique dans un précédent article. M. Perrousseaux avait laissé un commentaire que je me permets de reprendre ici :
“De gros problèmes de santé m’ont fait perdre plus de deux ans, mais que les lecteurs se rassurent. Le tome 2 de l’Histoire de l’écriture typographique est achevé et va sortir le 20 mai [2010], il est sous-titré “le XVIIIe siècle, première partie”. ISBN 978-2-911220-24-1
Le tome 3 est bien avancé et sortira à l’automne. Il est sous-titré “le XVIIIe siècle, seconde partie”.
Un tome IV va continuer l’histoire et sera consacré au XIXe siècle.
Après, on verra.”
Malheureusement Yves Perrousseaux est décédé en mai 2011 et le tome 4 consacré au 19e siècle risque bien de ne pas voir le jour. Je tenais ici à rendre un vibrant hommage à l’auteur et à l’éditeur pour son travail.
Après le premier tome consacré à la période Gutenberg-17e siècle, les deux tomes suivants traitent de l’histoire de l’écriture typographique au 18e siècle.
Histoire de l’écriture typographique : le XVIIIe siècle, tome I/II/ Yves Perrousseaux. – La Fresquière [04340 Méolans-Revel] : Atelier Perrousseaux, DL 2010. – . –1 vol. (239 p.) : ill. en noir et en coul., fac-sim., couv. ill. ; 30 cm
ISBN 978-2-911220-24-1 : 45 EUR
Histoire de l’écriture typographique : le XVIIIe siècle, tome II/II/ Yves Perrousseaux. – La Fresquière [04340 Méolans-Revel] : Atelier Perrousseaux, DL 2010. –1 vol. (239 p.) : ill. en noir et en coul., fac-sim., couv. ill. ; 30 cm
ISBN 978-2-911220-34-0 : 45 EUR
Le premier tome traite notamment du Romain du roi, du livre La science pratique de l’imprimerie de Martin-Dominique Fertel, de Pierre-Simon Fournier et de ses vignettes à combinaisons dont je vous ai déjà parlé, de William Caslon. Deux poses sont consacrées aux écritures réalisées au pochoir et à Denis Diderot. Le second tome traite particulièrement de John Baskerville, de Giambattista Bodoni, des Didot, parcourt les principales fonderies de caractères en Europe, nous renseigne sur le point typographique et les mesures de caractères ainsi que sur les unités de mesures sous l’Ancien Régime. Une pause est consacrée à la composition typographique de la musique.
Il ne vous reste plus qu’à les lire. Pour les “modernes” une version ebook de ces trois ouvrages est maintenant disponible (au format PDF) à un prix très avantageux (14,90 pour chacun de ces tomes, 19,99 pour le premier tome). Pas de quoi se priver. Et pour les fidèles au papier un excellent cadeau de noël !
Site de l’Atelier Perrousseaux éditeur
Léo Mabmacien


























