Bonjour,

La typographie du livre français / Sous la direction d’Olivier Bessard-Banquy et Christophe Kechroud-Gibassier. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2008. ISBN 978-2-86781-499-0 (20 €)
Elaboré par la promotion 2006-2008 des étudiants de l’IUT Michel de Montaigne (Bordeaux) et sous la férule de leurs enseignants, La typographie du livre français fait le point sur l’usage de la typographie dans la production française.
Le constat est amer. Du passage du plomb au numérique, de l’offset à la PAO et à l’impression numérique, le livre a énormément évolué mais pas dans le bon sens. Hormis quelques éditeurs (Allia, Fata Morgana…) qui élaborent des livres de qualité, de la couverture à la mise en page intérieure, la plupart des éditeurs se contentent de miser sur une couverture accrochante, laissant le reste à l’avenant (le cas d’Actes Sud est étonnant : format oblong, reliure dos collé, longueur des lignes…). Le métier traditionnel de typographe ou son apprentissage s’est perdu et la mise en page laissé à de vagues connaisseurs de la typo. D’où des ouvrages mal ficelés, de purs produits de consommation courante.
C’est face à cette production facile que sont apparus les tirages limités et de tête (avec beau papier), en plus de l’édition courante. C’est le cas des éditions Gallimard où au début Gaston Gallimard n’hésitait pas à dire que “si le lecteur attache de l’importance à la qualité du livre, qu’il débourse donc la somme nécessaire pour faire l’emplette d’un tirage de tête” !
D’où aussi le développement de la bibliophilie (fin du 19e et début 20e), voulant redonner au livre son caractère rare et unique face à la profusion industrielle !
Après un important chapitre sur une esquisse de l’histoire des caractères (Garamond, Didot, Plantin, aux plus modernes) et une série passionnante d’entretiens (Jean-François Porchez, Massin, Gérard Berréby des éditions Allia, Franck Jalleau et Philippe Millot) ; un ensemble d’études permet de comprendre au mieux l’importance de la typographie et son “caractère”. Avec une bibliographie pour compléter le tout.
L’ouvrage se termine par la phrase suivante : “Le dédain de l’objet-livre est indissociable du mépris de la culture générale”.
J’acquiesce des deux mains !
PS : je rajouterais dans la liste des amoureux du bel ouvrage l’éditeur Zulma et sa collection de littérature.
PS 2 : les auteurs fustigent (à juste titre) les éditeurs qui se contentent du brochage. Dommage que les Presses Universitaires de Bordeaux nous proposent un dos carré collé !
Léo Mabmacien
Pour aller plus loin :
La critique du livre sur le BBF et sur le Typographe.
Un site sur l’histoire graphique “Objets livres“.