BiblioMab : le monde autour des livres anciens et des bibliothèques

Historiettes et conversations à l’usage des enfans qui commencent à lire couramment

août 18, 2008 · Pas de commentaire

Bonsoir,

Je voudrais vous présenter un livre singulier, un livre pour les enfants daté de 1806 (il a eu plusieurs éditions), période de naissance de la littérature pour enfants (1770-1830) : Historiettes et conversations à l’usage des enfans qui commencent à lire couramment par madame de V…Seconde édition ornée de 22 vignettes et d’un frontispice. A Paris : Chez Le Prieur, 1806

Page de titre et frontispice

Page de titre et frontispice

L’auteur n’est mentionné que par ses initiales. Le catalogue de la BNF nous apprend que l’auteure est Frederike Henriette, baronne de Wiesenhuetten. J’ai essayé quelques recherches sur Internet pour en savoir plus sur elle, sans succès, ni dans les dictionnaires de littérature…

Un avertissement nous informe que ces histoires sont adaptées du livre “Leçons pour les enfans de Mme Barbauld” écrivaine anglaise et d’ouvrages anglais du même genre. Leur public est un public aisé (bourgeois et nobles) à cette époque où le travail des enfants est courant (il faut attendre 1841 pour interdire aux enfants de moins de 8 ans de travailler) et où la pauvreté est grande et la scolarité faible. On retrouve cela fort bien dans ces historiettes avec marquis, servantes et laquais… La morale est bien sûr omniprésente, il s’agit de bien éduquer l’enfant et le soumettre à ses parents. En dehors de ces aspects ces histoires se lisent avec quelque plaisir et intérêt.

Les illustrations sont au nombre de 21 sans compter le frontispice (et non 22 comme l’indique la page de titre !). En voici trois pour vous donner une idée :

Une petite page du début avec la 24e et 25e leçon (simple pour commencer) :

Voici l’histoire en entier intitulée “Le chardonneret” (cliquez sur les images pour les agrandir) :

Voilà pour cette présentation ! Au fait avez-vous bien appris vos leçons ? ;-))))

Léo Mabmacien

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Gallica 2 montre la presse !

août 13, 2008 · Pas de commentaire

Bonsoir,

Je viens de voir cette information importante sur la liste Biblio.fr. La Bibliothèque Nationale de France vient de mettre en ligne 1200 titres et revues de presse. Voici le communiqué ci-dessous :

“La bibliothèque numérique Gallica 2 (http://gallica2.bnf.fr) de la
Bibliothèque nationale de France poursuit son évolution avec une nouveauté :
la mise en ligne de plus de 1 200 titres de périodiques, fascicules de
presse et revues librement consultables.

Le programme de numérisation de la presse de la BnF, débuté en 2005 avec le
soutien du Sénat, permet à chacun de découvrir lui-même, à la source,
comment les Français ont pu apprendre dans l¹Humanité l¹assassinat de Jean
Jaurès, comment ils ont découvert dans La Croix le déclenchement des
hostilités en 1939 ou le premier départ du tour de France dans l’édition du
2 juillet 1903 du Figaro.

Parmi les autres titres actuellement disponibles : Le Temps, L’Humanité, La
Presse, Le Journal des débats, Le Matin, le Petit Parisien, La Presse, Le
Petit Parisien, L¹Ouest-Eclair.

Plusieurs centaines de revues sont également consultables en ligne. Elles
touchent aux différents champs du savoir, et contribuent ainsi à affirmer la
vocation encyclopédique de Gallica. Ces revues, pour la plupart demeurées
célèbres, ont été ou sont encore un instrument majeur dans la diffusion du
savoir. Pour n¹en citer que les plus emblématiquesŠ La Revue des Deux
Mondes, La Gazette des Beaux-Arts, La Revue de Métaphysique et de morale, le
Journal des économistes, la Revue d’Economie politique, Le Bulletin des
Lois, la Revue générale de droit international public, Les Compte-rendus de

l¹Académie des sciences, Š

Le patrimoine régional et local occupe une place déterminante, notamment au
travers des publications des Sociétés savantes, dont certaines sont encore
actives de nos jours. Cette mise en valeur de l’histoire et des traditions
propres à un territoire s’illustre dans des publications telles que les
Mémoires de la Société d’archéologie lorraine, La Société archéologique de
Bordeaux ou La Revue de Bretagne et de Vendée, etc.

Du point de vue technique, les périodiques ont été numérisés en “mode
image”, c’est-à-dire comme des fac-similés conformes à l’original papier.
Toutefois, il est d’ores et déjà possible, pour un nombre important d’entre
eux, de réaliser une recherche plein-texte à l’intérieur du contenu textuel
grâce à la numérisation avec reconnaissance optique de caractères (OCR).
Cette interrogation peut s’effectuer aussi bien sur un fascicule en
particulier que sur la totalité des fascicules d’un même titre de

périodique. A terme, l’intégralité des périodiques sera interrogeable de
cette façon.

Les périodiques, et plus largement l¹ensemble des ressources numérisées de
Gallica, sont librement « moissonnables » à partir de l¹entrepôt OAI-Num de
la BnF : http://oai.bnf.fr/oai2/OAIHandler?verb=Identify

Le vaste ensemble documentaire ­ plus de 400 000 documents : livres, revues,
presse, cartes, documents iconographiques  et bientôt manuscrits, documents
sonores et partitions - proposé par Gallica 2 recèle des trésors que ce bref
aperçu ne saurait à lui seul révéler : à vous de les découvrir directement,
pour vos recherches professionnelles, personnelles ou par simple curiosité !

A bientôt sur gallica2.bnf.fr”

Voilà pour le communiqué. Outre les revues déjà mentionnées j’ai un faible pour “je suis le véritable père Duchesne, foutre” paru en 1790-1794 et pas piqué des vers ! ou encore “l’Almanach du père Peinard” plus récent…

Vous n’avez en tout cas que l’embarras du choix : du “Gazetin du comestible” ! à “La bouche de fer” en passant par le très sérieux “Bulletin de la société minéralogique de France” ou encore “Etudes franciscaines”…

Vous trouverez votre bonheur en allant dans la recherche avancée en sélectionnant “périodique” en type de document et en précisant le thème recherché (histoire, littérature…). Vous pouvez lancer la recherche comme cela, ça fonctionne ! A consulter ou à télécharger !

Léo Mabmacien

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Les ex-libris : “ce livre est à moi !”

août 12, 2008 · Pas de commentaire

L‘ex-libris est la marque de possession d’un livre. Ce peut être une simple phrase manuscrite (Ex-libris de M… , Ce livre appartient à Mme….) placée le plus souvent à la page de titre ou au contraire une vignette gravée qui se trouvera au contre-plat d’un livre (ex-libris imprimé ou gravé). Les tampons (secs ou humides) que l’on trouvent notamment sur les documents des bibliothèques publiques ne sont pas considérés comme des ex-libris. Il faut aussi ranger dans la catégorie des ex-libris les super libris, monogrammes et armoiries dorées ou frappées à froid décorant les plats et dos de reliure (ce que l’on réduit par reliure aux armes !). Ces ex-libris ne sont plus guère utilisés de nos jours, il reste cependant d’usage (pour la version manuscrite) chez certaines personnes (nom et adresse, date d’achat…).

Il existe des collectionneurs d’ex-libris, soit présents dans un livre, soit détachés… (ce qui a entraîné nombre d’arrachages particulièrement au 19e !).

L’article de l’encyclopédie Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ex-libris

Voici quelques ex-libris représentatifs, du 16e au 20e siècle tirés de ma bibliothèque…

Ex-libris du recteur de St Paul à Issoire (fin 16e ?) Joseph Bournet
Ex-libris du recteur de St Paul ? à Issoire (fin 16e ?) Joseph Bournet
Ex-libris d'A M. Dugueyt, conseiller à Lyon pour la Cour (début 19e)
Ex-libris d’A M. Dugueyt, conseiller à Lyon pour la Cour (début 19e)
Ex-libris de la bibliothèque du séminaire St Irénée à Lyon gravé par Durand
Ex-libris de la bibliothèque du séminaire St Irénée à Lyon gravé par Durand
un super libris bien effacé !
un super libris bien effacé !
Ex-libris manuscrit de Barghou début 19e sur un livre d'apprentissage du latin
Ex-libris manuscrit de Barghou début 19e sur un livre d’apprentissage du latin

Il est écrit : “Ce livre appartient à moi Barghou … Ceux qui le trouveront me le rendront”

Ex-libris de Claude Antoine ... de Chauffaille et sa signature. Il précise que l'ouvrage est en 18 tomes !
Ex-libris de Claude Antoine … de Chauffaille et sa signature. Il précise que l’ouvrage est en 18 tomes !

Et pour finir un ex-libris daté de 1939 (je ne précise pas les noms des propriétaires, on ne sait jamais…) :

couple, livres, épées, médaille et chat !

très bel ex-libris : couple, livres, épées, médaille et chat !

Je vous recommande la visite d’une très belle et intéressante exposition en ligne proposée par la Bibliothèque Municipale de Chambéry qui a eu lieu physiquement en 2003. Seul reproche à lui faire le manque de références bibliographiques ou de liens internet.

Sinon vous pouvez aussi aller jeter un oeil au site de l’Association Française pour la Connaissance de l’Ex-Libris (AFCEL) qui propose des liens intéressants et une lettre électronique malgré une présentation vieillotte.

Pour aller plus loin :

- L’ ex-libris : histoire, art, techniques / Germaine Meyer-Noirel. Picard, 1989. ISBN 2-7084-0368-0 (ouvrage épuisé, à consulter en bibliothèque)

- Répertoire général d’ex-libris français des origines à l’époque moderne : 1496-1920 (16 tomes parus pour l’instant). A consulter en bibliothèque.

Léo Mabmacien

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Cataloguer sa bibliothèque personnelle avec trois fois rien

août 2, 2008 · 2 commentaires

onjour,

Bien souvent lorsque l’on commence à avoir un certain nombre de livres chez soi il devient difficile de savoir exactement où se trouve un ouvrage précis, lequel on a… Le classement est bien sûr une première solution (il sera question de classement dans un prochain article) mais il vous sera bien utile de constituer une base de données de vos livres, c’est à dire un catalogue de votre bibliothèque. Vous pourrez ainsi constituer pour chaque ouvrage une “fiche” comportant une foule d’informations :

titre, auteur(s), éditeur, lieu d’édition, année d’édition, pages, illustrations, résumé, mots-clés ou tags, ISBN, notes utiles (prix, lieu et date d’achat, reliure…).

On peut aussi compléter avec des images (page de titre…), du son, de la vidéo… tout est possible…

Cela s’appelle le catalogage, l’art de dresser un catalogue (papier, sur fiches, informatique…). Pour les amateurs et amatrices il existe un guide du catalogage (pour professionnels) réalisé par la BNF. Pour les autres il sera tout simplement redhibitoire !

Mais avant de vous lancez dans le catalogage de votre bibliothèque il vous faut une base de données pour rentrer toutes ces informations… Soit vous la constituez ex-nihilo (bon courage !) avec des logiciels comme Access ou OpenOffice (gratuit) et sa fonction base de données, soit vous téléchargez des logiciels de gestion de bibliothèques (payants ou non). Je vous déconseille cette option car leur fonctionnement est ardu, ils sont souvent payants et réservés aux professionnels : leurs nombreuses fonctionnalités ne vous seront d’aucune utilité à moins de vouloir concurrencer une bibliothèque publique !

Ce que je vous propose est beaucoup plus simple à utiliser et en plus vous profitez de l’aide d’autres personnes.

Je vous conseille d’utiliser des sites qui proposent moyennant inscription de cataloguer vos livres et de les partager ou non avec d’autres personnes, grâce aux outils du web 2.0.

Le principe : un site qui propose ses compétences et une base technique, en face un réseau d’utilisateurs qui vont alimenter le site et l’enrichir, faire partager leur bibliothèque et leurs coups de coeur… C’est extrêmement efficace et collaboratif… Cela vous évitera un travail monstre.

> The LibraryThing

L’un des plus connu est The LibraryThing. Il propose une interface en français. L’inscription est gratuite. Au delà de 200 ouvrages dans votre bibliothèque il vous en coûtera 10 $ pour un an ou 25 $ (abonnement à vie). A voir absolument les tendances des membres pour se faire une idée.

Avantages : richesse du fonds et des liens vers les catalogues de bibliothèques ou Amazon pour l’importation, les notices, le partage avec les autres membres (qui a le même livre que moi ?, les critiques et coups de coeur, les groupes de discussion…)

Inconvénients : payant à partir d’un certain nombre d’ouvrages, base anglo-saxonne (voir les récupérations d’Amazon notamment)…, interface française en bêta pour l’instant.

> Babelio

Babelio est un site français plus récent, sur le modèle de The LibraryThing. L’nscription est elle aussi gratuite. Au delà de 300 ouvrages catalogués, il vous faudra débourser 10 € par an ou 30 € pour un accès à vie.

Avantage : société française

Inconvénients : interface, pauvreté des notices, prix.

> Google Ma bibliothèque : une autre alternative (sic !)

A partir de Google Recherche de livres (oui oui vous savez les livres numérisés) on peut créer sa propre bibliothèque (il faut avoir un compte gratuit Google). Vous pouvez jeter un oeil sur les exemples proposés par Google (en anglais !) ou aller voir cette bibliothèque personnelle pour vous faire une idée concrète.

L’idée de Google c’est d’utiliser sa base de livres (notamment anciens ;-)) et en ligne) pour que vous puissiez sélectionner les livres que vous avez (ou non !), leur attribuer des tags (mots-clés), des critiques, leur donner une appréciation et créer votre profil. L’inscription est gratuite, l’interface pratique et simple. Les principaux inconvénients sont l’impossibilité d’importer vos propres livres et le côté réseau social presque inexistant (pour l’instant ?).

En conclusion

Pour parler de mon expérience personnelle, ma bibliothèque est cataloguée avec le logiciel Access (depuis 1997 !), j’ai importé (pour essayer) une partie de ma bibliothèque sous Google Ma Bibliothèque. D’une part en récupérant les ISBN des livres (liste au format word interrogée par Google qui va chercher dans sa base les livres disponibles) et d’autre part en cherchant dans Google Recherche de livres ceux qui manquaient (sans ISBN notamment)…Le résultat est satisfaisant mais pour les livres anciens il est assez rare de trouver la bonne édition. Je continue donc pour l’instant avec ma base Access en vous recommandant The LibraryThing si vous désirez vous lancer dans cette belle tâche !

Léo Mabmacien

→ 2 CommentsCatégories : catalogage
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L’Iliade et l’Odyssée d’Homère

juillet 28, 2008 · Pas de commentaire

le buste d'Homère (dans une édition fin 18e)

le buste d'Homère (dans une édition fin 18e)

Bonsoir,

Tout le monde connaît plus ou moins bien Homère et ses principales œuvres que sont L’Iliade et l’Odyssée. Premier poète grec connu (8e siècle avant JC !), il a traversé les siècles et est un classique. Loin de moi l’idée de développer son œuvre mais seulement évoquer quelques pistes (la matière est importante) et vous présenter quelques ouvrages anciens.

Je vous conseille vivement une très intéressante exposition en ligne proposée et réalisée par la BNF : Homère sur les traces d’Ulysse.

Les éditions originales et les traductions sont fort nombreuses. La première édition en grec des oeuvres d’Homère est imprimée en 1488 à Florence. Le Centre d’études Homériques propose une liste des éditions originales et traduites en France. A consulter également mais avec un esprit critique un site personnel qui recense les traducteurs et illustrateurs de l’Iliade et L’Odyssée en français.

L’Iliade :

L’Iliade raconte la dernière année du siège de Troie avec son fameux cheval de bois et Achille !

Traducteur : M. Bitaubé

Chez Bruyset aîné et Cie, 1796

L' Iliade d'Homère, avec des remarques ; précédé de réflexions sur Homère et la traduction des poëtes par M. Bitaubé : tome premier.- Lyon : Chez Bruyset aîné et Cie, 1796

L’édition complète est en 12 volumes in 16 ! Le tome 1 comporte en frontispice le buste d’Homère (voir ci-dessus) dans une traduction de M. Paul Jérémie Bitaubé, pasteur calviniste connu pour ses traductions d’Homère. La première édition parue en 1764 et fut corrigée en 1785 (l’Odyssée en 1785).

Les différentes éditions :

http://homere.iliadeodyssee.free.fr/traducteur/bitaube/bitaube01.htm

Traductrice : Mme Dacier

Reliure de L'Iliade, publiée en 1810

Reliure de L'Iliade, publiée en 1810

2ème partie (un seul volume) de l'Iliade d'Homère traduite par Mme Dacier et publié à Avignon par F. Chambeau en 1810.

Page de titre de la 2ème partie de l'Iliade d'Homère traduite par Mme Dacier et publiée à Avignon par Fr. Chambeau en 1810.

Edition qui semble commune mais introuvable dans le CCFR. Je n’ai pas trouvé trace de cet éditeur, il existe un Jean-Louis Chambeau qui a exercé à Avignon mais qui est mort en 1780 ! Un ou une descendante ? En tout cas l’édition est complète en un seul volume avec une vie d’Homère en introduction. Elle ne renferme pas les remarques de Mme Dacier, Anne de son prénom, philologue et traductrice (1647-1720). La première traduction remonte à 1711 et sa traduction a fait grand bruit à l’époque.

Les différentes éditions :

http://homere.iliadeodyssee.free.fr/traducteur/dacier/dacier.htm

L’Odyssée :

L’Odyssée raconte la colère de Poséidon contre Ulysse et son fameux périple.

Chez la veuve Claude Barbin, 1699

L' Odyssée d'Homère. Seconde édition revue et corrigée. Paris : Chez la veuve Claude Barbin, 1699

Cette édition en 2 volumes a semble t’il été traduite par M. de la Valterie. La première édition est parue en 1681 chez la veuve Claude Barbin.

Les différentes éditions :

http://homere.iliadeodyssee.free.fr/traducteur/lavalterie/lavalterie.htm

Pour en savoir plus (rééditions, commentaires…) :

En ligne vous trouverez facilement en français des éditions de l’Iliade et de l’Odysée : sur Google Recherche de livres ou sur Gallica 2 par exemple.

La France littéraire ou Dictionnaire bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France ainsi que des littérateurs qui ont écrit en français, plus particulièrement pendant les 18è et 19è siècles/ Joseph Quérard.- Paris : Didot, 1827-1839. – 10 vol. (Page 123 et suivantes)

Léo Mabmacien

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Conserver, réparer ses livres anciens : colle, gomme, cire…

juillet 17, 2008 · Pas de commentaire

Avoir des livres anciens nécessite un minimum d’”outils” pour les réparer (un peu), les conserver, bref leur redonner une petite jeunesse. Je n’évoquerai pas ici les moyens industriels et chers, mais des petites choses que l’on peut pratiquer chez soi, simplement. Attention il ne s’agit pas de transformer vos livres ni de les dénaturer… Si l’ouvrage est trop abîmé le mieux est de l’isoler dans une boîte (à sa taille si possible).

Les outils indispensables :

- des gants blancs en coton (une paire c’est mieux ;-)) que l’on trouve dans certains magasins de photos. Entre 3 et 5 € (ils se lavent)

- un pinceau pas trop gros pour le nettoyage, un autre pour les réparations

- de la colle blanche liquide en pot

- un pot de cire 213 commercialisé par la BNF

- un chiffon doux

- une gomme chaussette que l’on trouve en fouinant bien dans certains magasins de beaux-arts ou arts et créations. C’est une poudre qui est contenue dans un fin tissu et qui permet un gommage délicat ! Prix : 10 € environ.

Vous pouvez aussi acheter du savon Brecknell pour le nettoyage du cuir mais personnellement je ne l’utilise pas.

A n’utiliser sous aucun prétexte :

Tout adhésif (scotch…) quel qu’il soit !

Les étapes :

Enfiler les gants en coton

- le dépoussiérage :

Parcourez chaque page de l’ouvrage pour enlever les possibles poussières ou salissures entre les pages.. Utilisez le pinceau ou la gomme chaussette (taches). Vous pouvez aussi nettoyer la reliure avec un autre chiffon doux si le document est poussiéreux.

- les réparations (suivant l’état) :

A n’utiliser qu’avec précaution ! Il s’agit de recoller certaines parties d’une reliure ou des pages de garde qui se détachent, c’est tout… Par exemple : les coins, la tête ou la queue… Je m’en sers beaucoup pour recoller des bouts de peau de la reliure…

- le “cirage” :

Il s’agit de nettoyer le cuir de la reliure et de le protéger. Vous pouvez nettoyer le cuir avec le savon Brecknell. Laissez sécher. Puis avec un chiffon doux passez de la cire 213 sur le cuir et laissez sécher… Attention pour certains cuirs naturels ou en veaux clairs faites un essai préalable sur une petite partie peu visible.

Cas difficiles :

Moisissures : avant tout, le mieux est d’éviter l’achat de livres comportant des moisissures (dues à un livre bien souvent “mouillé”) . Sinon il faut isoler ces livres des autres… et il n’y a pas grand chose à faire (en tant que particulier) si ce n’est d’éviter l’humidité…

"belles" moisissures en coin !

"belles" moisissures en coin !

Insectes et rongeurs: poissons d’argent, vrillettes, mites, termites, blattes, rats…

Il arrive parfois que le livre que l’on vient d’acheter comporte des petits trous soit sur la reliure, soit dans les pages, formant parfois des galeries plus ou moins étendues… C’est le méfait d’insectes qui aiment le cuir, le papier…

Les insectes aiment bien le papier !

Les insectes aiment bien le papier !

Le mieux dans le cas d’un achat est de bien vérifier l’ouvrage et de le mettre “en quarantaine”. L’application de la cire 213 pour la reliure le préservera d’attaques futures…

En cas de contamination isolez les ouvrages incriminés dans des sacs plastiques, protégez les autres livres anciens dans des boites par exemple … Essayez de repérer insectes, larves qui traineraient dans la pièce…

Pour les livres attaqués j’ai déjà pour ma part utilisé un produit fongicide utilisé pour le traitement du bois (si si ! )… Efficace et cela ne laisse qu’une petite odeur… Par contre à n’utiliser qu’en dernier recours car ce n’est pas un produit neutre… Sinon il existe des sociétés spécialisées dans le traitement de ces ouvrages contaminées (cher cher !).

Pour aller plus loin :

Un très intéressant article paru dans le BBF, Bulletin des Bibliothèque de France, en 2005 sur les ennemis du livre et les moyens pour les prévenir :

Laffont, Caroline ; Mouren, Raphaële, « Les ennemis du livre », BBF, 2005, n° 1, p. 54-63
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 16 juillet 2008

Vous pouvez consulter et télécharger les fiches pratiques pour la prévention des documents élaborées par la BNF qui sont à destination des professionnels mais qui vous seront utiles.

Enfin ne mettez pas vos livres en plein soleil, mais à l’abri de la lumière, dans un endroit frais si possible et ne les arrosez pas…;-))

Léo Mabmacien

→ Aucun commentaireCatégories : conservation
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Prix d’excellence, cartonnages romantiques : expo à la BM de Lyon

juillet 13, 2008 · Pas de commentaire

Du 3 avril au 5 juillet 2008 a eu lieu à la Bibliothèque municipale de Lyon une exposition consacrée aux cartonnages romantiques (19e siècle) destinés aux enfants…. Tout le monde connaît les célèbres cartonnages des éditions Hetzel et le poulain de la maison. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt comme on peut le voir à travers l’ exposition virtuelle très intéressante et très bien réalisée disponible sur le site de la BM. A parcourir de fond en comble !

Pour ma part je ne suis pas “collectionneur” de ces éditions, préférant des ouvrages plus anciens… mais qui sait je me laisserais peut-être tenter à l’occasion (j’ai quelques ouvrages pour enfants du début 19e, je vous en parlerais une prochaine fois…).

On peut se faire une idée des prix (élevés) pratiqués pour ces éditions du 19e en consultant par exemple le catalogue de la librairie Alain Brieux.

Pour les plus curieux, un livre-catalogue a été édité au prix de 35 euros…

Cartonnages Romantiques, 1840-1870, un âge d’or de la reliure du livre d’enfant / Elizabeth Verdure. Ed. S. Bachès, 2008, 144 p. ISBN 978-2915266740

Léo Mabmacien

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Google au pays des gones !

juillet 12, 2008 · Pas de commentaire

Représentation du diable selon Dante

Représentation du diable selon Dante. Source Wikipédia

Eh oui ! Google, vous savez le monstre insatiable dévoreur, se plaît dans les livres ! Seul concurrent à se présenter à un appel d’offre de la ville de Lyon pour numériser le fonds ancien de la bibliothèque municipale, Google a remporté le marché hier 11 juillet en étant adoubé par le conseil municipal de la ville. Cette numérisation va porter sur 500 000 ouvrages qui seront (dix ans sont prévus pour tout numériser !) disponibles sur Google recherche de livre et dans le catalogue de la BM de Lyon (ou ailleurs ?) . Le tout de façon gratuit pour la ville, avec à charge une contrepartie pour Google de 25 ans d’exploitation commerciale de ces fichiers… Le site La République des Lettres en fait un bon compte-rendu.

Cette nouvelle est bien sûr une bonne et une mauvaise nouvelle… D’abord, il est étonnant de ne voir aucun concurrent face à Google lors de l’appel d’offre… C’est dire la puissance de cette entreprise ! Même si Google me paraît remarquable, il ne faut pas oublier qu’elle amasse de plus en plus de contenus et de services (rachat d’entreprises, numérisation, développement de logiciels) et que de plus en plus Google devient incontournable… D’où des dérives passées et futures à craindre… Mais que faire ! La BNF porte un projet poussif (Europeana) qui devrait rassembler des documents numérisés des bibliothèques nationales européennes et faire concurrence à Google ! Gallica est bien là mais peine à grandir en restant national et en faisant le pari de la structuration et de la sélection… Face à un Google qui numérise sans faire dans le détail et à la “tonne” Gallica fait pâle exception ! Google attire des bibliothèques comprenant des fonds prestigieux et importants, propose une recherche facile (mais brouillonne ! - tiens quid des documents numérisés en double ou triple ?) et complétée par de nombreuses possibilités (dans quelle bibliothèque je peux trouver le document, où l’acheter, critiques, meilleurs passages..).

Au-delà de la polémique (importante !) Google or not Google, le moteur de recherche (la base !) bouleverse le monde, notamment des bibliothécaires (et éditeurs)… A nous d’évoluer en prenant en compte ces changements, en faisant des contre-propositions, sinon la disparition est pour bientôt…(on peut toujours se rassurer en se disant qu’un ogre, au bout d’un temps est rassasié !)…

Léo Mabmacien

→ Aucun commentaireCatégories : numérisation
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Priapées de Maynard

juillet 8, 2008 · Pas de commentaire

Salut !

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un livre de François Maynard, édité en 1864 par Jules Gay : Priapées de Maynard, publiées pour la première fois d’après les manuscrits, et suivies de quelques pièces analogues du même auteur, extraites de différents recueils.

L’adresse de l’éditeur et le lieu sont purement fictifs :

Freetown, imprimerie de la Bibliomaniac Society, 1864. In 12, 71 pages.

En fait imprimé à Bruxelles, par Jules Gay en 1864 !

Page de titre

Page de titre

Couverture brochée

Couverture brochée

D’après l’avertissement cette édition présente des pièces “enfouies aux manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal” (ms. 3127, fol. 35). La BNF possède 2 exemplaires de ce volume sous la cote Enfer numéros 377 et 378 ! Chose amusante la Bibliothèque municipale de Toulouse en possède un exemplaire mais la notice catalographique reprend uniquement la fausse adresse ;-))

Venons en à l’auteur de ces Priapées, François Maynar, poète français, membre de l’Académie Française (né en 1582 et mort en 1646). Une petite description est disponible sur Wikipédia. J’ai trouvé aussi cette petite notice fort intéressante :

Texte non disponible

Texte non disponible
Les poètes françois, depuis le XIIe siècle jusqu’à Malherbe De Pierre René Auguis

Pour vous donner l’eau à la bouche : page 13 des Priapées :

un petit passage érotique !

un petit passage érotique !

Ils en parlent :

Le Dictionnaire historique, ou histoire abrégée de hommes qui se sont fait un nom par leur génie, leurs talens, leurs vertus, leurs erreurs or leurs crimes, depuis le commencement du monde jusqu’a nos jours De François-Xavier Feller (édition 1833) parle de ces priapées :

“Maynard était encore connu de son temps par ses Priapées poésies infâmes dignes d’un éternel oubli. Elles n’ ont pas vu le jour. Ses œuvres ont été publiées quelques mois après sa mort avec une préface de Marin Leroy de Comberville, Paris 1646 in 4 “

Les Priapées n’ont jamais vu le jour comme le montre cet extrait sur Conrat, censeur de l’époque :

Texte non disponible
Mémoires concernant les vies et les ouvrages de plusieurs modernes célèbres dans la république des lettres De Charles Ancillon, Benjamin Aubery Du Maurier

Il fallut donc attendre Jules Gay et son édition pour que ces poèmes puissent être édités (et encore clandestinement !). Il est intéressant d’évoquer Jules Gay, libraire, éditeur, bibliographe spécialisé dans la littérature galante mais aussi théoricien socialiste ! Il eut à subir de nombreux procès (d’où les adresses fictives comme pour cet ouvrage !), dut quitter la France pour Bruxelles…en 1864 ! Une bibliographie des oeuvres éditées par Jules Gay est disponible sur le site Texte rares.

Bonne lecture !

Léo Mabmacien

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Lettres sur l’Italie en 1785

juillet 5, 2008 · Pas de commentaire

Ce soir je voudrais évoquer un ouvrage de Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier Dupaty, Lettres sur l’Italie en 1785, publié en 2 volumes in-18 en 1788.

L’édition que je possède (tome 1 seulement ;-)) est celle de 1793 parue à Lausanne chez Jean Mourer.

Le nom de l’auteur n’est pas présent sur la page de titre mais on trouve au début un long éloge de M. le président Du Paty.

L’encyclopédie Wikipédia apporte quelques renseignements sur l’auteur et sur l’ouvrage :

“Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier Dupaty, né à La Rochelle en 1746, mort à Paris en 1788 est un magistrat français.

Il fut avocat général, puis président à mortier au parlement de Bordeaux. Il se fit un nom comme homme de lettres et par son intégrité comme magistrat.

Ses principaux ouvrages sont :

  • Mémoire pour trois hommes condamnés à la roue (il réussit à leur sauver de la roue) ;
  • Réflexions historiques sur les lois criminelles ;
  • Lettres sur l’Italie, 1788.
    Ce dernier écrit eut du succès en France, grâce à un certain sentiment de l’art et à la philosophie du temps, mais Rome le mit à l’Index.”

Plusieurs éditions sont disponibles en ligne et en téléchargement :

http://books.google.fr/books?q=editions:0sazWMo4oHJeNk-3Fw&id=1oywkpIysBkC

Cet ouvrage a été mis à l’index par le Vatican. Une édition expurgée est parue en 1840 chez Mame à l’usage des enfants.

Hoefer dans sa nouvelle biographie générale évoque cet ouvrage :

“Cet ouvrage estimé par La Harpe comme un des plus ingénieux de son siècle a été jugé de nos jours avec plus de sévérité. On y trouve de la prétention une trop grande recherche d’originalité puis la phraséologie de l époque. D’autres rapporteront de Rome disait Dupaty des tableaux des marbres des médailles des productions d’ histoire naturelle moi j’en rapporterai des sensations des sentiments et des idées surtout les idées les sentiments et les sensations qui naissent au pied des colonnes antiques sur le haut des arcs de triomphe dans le fond des tombeaux en ruine sur les bords inconnus des fontaines. Les passages de ce genre abondent et si le naturel y manque parfois au moins faut il reconnaître qu’ils offrent un grand mérite.” Extrait de : Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources a consulter / Jean Chrétien Ferdinand Hoefer

J’ai trouvé une autre critique (acerbe celle-ci) du livre de Dupaty :

“Dupaty ne comprend pas la vraie beauté de Rome il ne sent pas les arts dont il parle sans cesse il admire de confiance sans discernement. Ne croyez pas que Saint Pierre à première vue trompe son attente au contraire il la dépasse la porte du Panthéon lui paraît sublime. C’ est bien la porte d’un temple c’est bien la porte par laquelle devaient s’écouler les flots des nations que toutes les superstitions de l’univers continuellement poussaient là . Voilà une porte qui dit bien des choses et rappelle un peu cet article du programme de l’ académie de Troyes mettant au concours la statue de Didon Indiquer qu’ elle a fondé Carthage. Est il rien de plus lourd de plus fastidieux de plus irritant que ces lettres du président Dupaty. Ces grands souvenirs que l’ auteur évoque à chaque pas pour les orner de ses grâces élégiaques et de ses mièvreries philosophiques font penser à l’ histoire romaine mise en ballet. Ce n est qu’ ornements froids et méthodiques phrases pompeuses et vides périodes arrondies antithèses cherchées et au milieu de tout cela un perpétuel sourire d’ homme satisfait. Eh bien tel était le goût du temps que ces lettres eurent à leur apparition le plus brillant succès et se croire un homme de génie”. Extrait de : Revue Contemporaine, T49, Apr. 1852-Mar. 1854

En ce qui me concerne j’ai pris un immense plaisir à lire ces lettres qui abordent l’Italie mais aussi Monaco, Nice et Toulon. Dupaty tourne admirablement bien ses phrases, la conclusion est toujours un pur plaisir de lecture. Ses préoccupations (état des galériens, lois et gouvernements) en font un homme engagé profondément contre la royauté (il fit de la prison), pour une justice équitable. Mais la description des monuments et des tableaux est aussi très présente et pleine de charme.

Quelques extraits :

“A Nice, point de moeurs, peu de religion, mais beaucoup de dévotion, c’est à dire d’hypocrisie” (Lettre V)

” On a dit ,qu’il y’a de la femme dans tout ce qu’on aime ; on peut dire qu’il y’a quelque chose de la Vénus de Médicis dans tout ce qui charme” (lettre XXX)

On trouve sur Internet l’édition originale en vente au prix de 160 €, l’édition expurgée autour de 45 €.

Pour aller plus loin :

Italies. Anthologie des voyageurs français aux XVIIIe et XIXe siècles / Yves Hersant. Laffont, 2007. ISBN 978-2-221-05588-5

Le voyage français en Italie : actes du colloque international de Capitolo - Monopoli, 11-12 mai 2007. Schene Editore ; Editions Lanore, 2007. ISBN 978-2-85157-357-5

Léo Mabmacien

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