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Etiquette de libraire 2

Bonjour,

Pour faire suite au précédent article voici un petit complément proposé par Jean-Marc qui offre par ailleurs sur son site d’excellentes notices et descriptions sur le Dauphiné. La première étiquette provient d’un autre libraire, la deuxième est une variante du libraire Maire… Notez la différence…

Ce sera tout pour l’instant sur les étiquettes… ;-)

Léo Mabmacien

“Quelques éléments complémentaires suite à votre dernier message, que vous pouvez publier, si vous le souhaitez.

histoire_dauphine_chorier_etiquette_libraire
La première étiquette est celle d’un autre libraire de Lyon, Millon, dont le style est très proche de celui du libraire Maire. Elle se trouve dans le 2e tome de l’Histoire du Dauphiné de Nicoals Chorier. Un ex-libris manuscrit sur la page de titre indique 1826, ce qui est probablement la date d’achat au libraire en question. Les dimensions sont : hauteur : 43 mm x largeur : 62 mm. La reproduction est à la taille réelle.

recherches_antiquites_vienne_etiquette_libraire
L’autre étiquette est une variante de celle de Maire, dans un autre ouvrage de Nicoals Chorier (coïncidence), dans une édition de 1828. Les dimensions sont : hauteur : 39 mm x largeur : 67 mm.
L’ouvrage est décrit à cette adresse :
http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/recherches_antiquites_vienne.html

Jean-Marc

Etiquette de libraire

Bonsoir,

Je voudrais évoquer avec vous une “page de publicité” avec la présence dans certains livres anciens d’étiquettes de libraires, étiquettes qui se développent au début du 19e siècle. Placé le plus souvent au contreplat d’un ouvrage, ce petit bout de papier collé donne l’adresse et le nom du libraire (ou apparenté). Parfois il est plus important et détaille la gamme d’articles proposés et tend à devenir une vraie “réclame” : slogan, mise en page (encadrement, couleur, typographie),  illustrations…

Version moderne de la marque d’imprimeur et de son adresse éditoriale, le libraire abandonne peu à peu la fonction d’imprimeur et d’éditeur au 19e siècle pour se spécialiser dans la vente. L’usage des étiquettes se perd au premier milieu du 20e siècle.

La petite étiquette que voici est collée sur le contreplat d’un ouvrage datant de 1808.

On peut y lire ceci :  “Du catalogue de Maire, libraire, rue Mercière, n°46 à Lyon. Nota : il achète et vend des Bibliothèques, et reçoit les nouveautés de Paris aussitôt qu’elles paroissent. N°”.

etiquette_libraire

On notera la présence d’un blanc pour un numéro de catalogue, le catalogue de l’acheteur pour sa propre bibliothèque ? Si vous avez des informations je suis preneur.

J’ai fait quelques recherches sur Internet pour essayer d’en savoir plus sur ce libraire. La base du CERL propose un “Maire”. Il est écrit qu’il travaille en association avec le dénommé Mars jusqu’en 1802. La notice du CERL nous informe qu’il faut le distinguer d’Auguste Maire, libraire à Lyon peu avant 1810 et exercant jusqu’en 1841. J’ai trouvé une notice de vente après décès qui évoque Auguste Maire (voir ci-dessous). Il était au 21 de la rue Mercière. Est-ce plutôt lui ? C’est fort probable. Le livre a été édité en 1808 et vendu après. Or le premier Maire a arrêté d’exercer en 1808…

Texte non disponible

Bibliographie de la France Par Adrien Jean Quentin Beuchot, Cercle de la librairie (France)

Voilà pour la petite recherche.

Ressources

La petite collection numérisée de la Bibliothèque municipale de Lisieux.

Léo Mabmacien

Bonjour,

11-troyes

Dans la nuit du 1er au 2 juillet vers 00h20 du matin un incendie probablement du à un court-circuit s’est déclenché à la MAT (Médiathèque de l’Agglomération Troyenne) à Troyes sans faire de victimes. Pas de livres détruits mais une épaisse couche de suie s’est déposée notamment sur les livres de la fameuse salle ancienne vitrée.

La médiathèque est fermée pour une durée indéterminée comme il est expliqué sur le site des Médiathèques de l’Agglomération. Une partie du site n’est toujours pas accessible.

Pour en savoir plus :

L’article de Libération Champagne.

Léo Mabmacien

Bonsoir,

Je voudrais évoquer avec vous deux livres un peu particuliers qui composent ma bibliothèque. Il ne s’agit pas de livres anciens (ils ont été imprimés en 1970 et 1971), ni même d’éditions luxueuses. Ce sont deux livres de poche de la fameuse collection Garnier-Flammarion. Des textes classiques, qui font partie du cursus scolaire, avec un appareil critique important et un prix peu élevé.

Ce qui est intéressant ici c’est la reliure de ces deux livres de poche qui ont été reliés en simili-cuir, par l’imprimerie Mame à Tours. Elle existe toujours après deux siècles d’existence !

maroquins_livresdepoches

maroquins2_livresdepoches

Balzac / Eugénie Grandet

Balzac / Eugénie Grandet

Les deux ouvrages sont La mare au diable par George Sand et Eugénie Grandet par Honoré de Balzac. Les plats sont ornés d’un filet simple et d’un filet alternant feuille de vigne avec grappe de raisin. Le dos est lisse et orné de caissons remplis de trèfles, un fleuron se trouve en bas du dos. Les reliures sont identiques pour ces deux ouvrages.

La reliure est sans conteste industrielle, faite en série. Ce travail a probablement été réalisé pour un club de livres. Si vous avez des précisions je suis preneur.

Il serait intéressant de voir en détail les reliures effectuées pour ces clubs du livre (rappelez-vous l’article sur Jean de Bonnot) qui donnent à leurs livres une reliure souvent différente et plus solide. Apparus au début du 20e siècle certains clubs ont été destinés aux bibliophiles en leur proposant des éditions soignées à tirages limités. Mais la plupart du temps ces clubs étaient destinés au grand public. Lisez donc l’article de Pierre Riberette qui évoque les clubs de livres et ces reliures décoratives pour aménageurs de living room (à retrouver chez Emmaüs !).

J’en terminerai avec la provenance de ces deux livres, provenance  importante pour moi puisqu’ils viennent de mes grands-parents paternels. Ils n’avaient que très peu de livres, ils ont donc une valeur sentimentale pour moi.

Pour aller plus loin :

Histoire de l’imprimerie Mame / Eric Perrin. Saumur : Au Fil des Mots, 2005. ISBN 2914683243 (25 €)

Article du Bibliomane Moderne

Riberette, Pierre, « Les clubs du livre », BBF, 1956, n° 6, p. 425-435
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 29 avril 2009

Léo Mabmacien

Bonjour,

Galette

Vous en reprendrez bien un bout ?

Et oui cela fait maintenant un an (enfin presque : le 3 juillet) que ce blog existe. L’heure d’un petit bilan et d’un gros remerciement aux lecteurs et lectrices, aux personnes qui commentent tous ces articles !

Quelques chiffres : le blog approche les 30 000 visiteurs-lecteurs, cet article est le 101e (avec une moyenne de deux articles postés chaque semaine), il y’a 216 commentaires, 245 tags (mots-clés) parsèment les articles et 150 spams ont été bloqués.

Le top 4 des articles les plus consultés est le suivant :

1- Conserver, réparer ses livres anciens

2- Editions Jean de Bonnot : livres pour bibliophiles ?

3- L’Iliade et l’Odyssée d’Homère

4- Les lettrines : ornements du livre ancien

L’aventure continue !

Léo Mabmacien

Bonjour,

Pour information voici le programme (alléchant) de l’Ecole de l’Institut d’histoire du livre à Lyon pour 2009. Son prix est réservé aux professionnels du livre et aux amateurs fortunés ;-))

ECOLE DE L’INSTITUT D’HISTOIRE DU LIVRE
Lyon, 1-4 septembre 2009
______________________________________
La septième session de l’École de l’Institut d’histoire du livre aura lieu
à Lyon, du 1er au 4 septembre 2009. Organisée en collaboration avec la Rare
Book School (Université de Virginie, E.-U.), elle offre, cette année, quatre cours :

PAPIERS ET FILIGRANES COMME EVIDENCE BIBLIOGRAPHIQUE
Cours en anglais, animé par Neil Harris (nouveau cours)
LA BIBLIOGRAPHIE MATERIELLE
Cours en français, animé par Dominique Varry (nouveau cours)
INTRODUCTION A L’ETUDE DES INCUNABLES
Cours en anglais, animé par Kristian Jensen
LES IMPRIMÉS ÉPHÉMÈRES À LA LOUPE
cours en anglais, animé par Michael Twyman

À la fois théoriques et pratiques, les cours accordent une place importante
à l’analyse de documents originaux et s’adressent à un large éventail de
spécialistes œuvrant dans l’histoire du livre et des techniques graphiques :
chercheurs, enseignants, archivistes, conservateurs de bibliothèques et de
musées, libraires, professionnels de la chaîne graphique, etc.
Chaque cours est animé par un intervenant internationalement reconnu dans le
domaine concerné. Les cours s’appuient en grande partie sur les fonds
patrimoniaux de la Bibliothèque municipale et du Musée de l’imprimerie de
Lyon.
Les cours ont lieu à l’Ecole normale supérieure – lettres et sciences
humaines (Lyon) avec des visites à la Bibliothèque municipale de Lyon, au Musée
de l’imprimerie et à l’Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib).

Prix d’inscription : 490 euros
Afin de faciliter l’accès aux fonds patrimoniaux et l’analyse de documents
originaux, le nombre de participants est limité à douze personnes pour
chaque cours.
Le programme détaillé des cours, ainsi que les évaluations des sessions
précédentes de l’École de l’Institut d’histoire du livre, sont disponibles
sur le site de l’IHL : http://ihl.enssib.fr/siteihl.php?page=6&aflng=fr

Renseignements :
Anne-Laure Collomb
Bibliothèque municipale de la Part-Dieu
30 boulevard Vivier-Merle
69003 Lyon
France
alcollomb@bm-lyon.fr
http://ihl.enssib.fr

Léo Mabmacien

Bonjour,

Penchons nous aujourd’hui sur la réclame,  annonce mise à la fin d’une page d’un mot ou de quelques syllabes qui se retrouvent au début de la page suivante.

On peut mettre une réclame à chaque page, à chaque feuillet, à chaque cahier mais le plus souvent au dernier verso d’un cahier. La réclame a été utilisée pour aider le relieur ou l’imprimeur à assembler correctement un livre, en plus des signatures.

A l’origine utilisée par le copiste son usage s’est poursuivi longtemps alors qu’il n’y avait plus lieu de l’utiliser.

réclame en bas de la page à droite

réclame en bas de la page à droite. On remarquera la signature F5 au milieu en bas.

verso de la page

verso de la page

Quelques informations sur Textes rares.

Léo Mabmacien

Bonjour,

agatange

Si vous aimez la musique et si vous vous intéressez aux livres anciens j’ai ce qu’il vous faut. La Bibliothèque municipale de Toulouse offre en accès libre sur internet un ensemble d’oeuvres musicales numérisées provenant de ses fonds (3 000 partitions du 12e jusqu’à aujourd’hui sont conservées) et de ceux de la médiathèque du Conservatoire de Toulouse. La base se nomme Agatange et offre des partitions anciennes (notamment musique lyrique et sacrée), des manuscrits, des traités de musique.

Cette collection provient en grande partie d’un collectionneur privé, Jean-Jacques Lefranc de Pompignan. Poète et surtout grand bibliophile sa collection comprenait 26 000 volumes dont 1500 partitions ! Son oeuvre est aujoud’hui oubliée et il fut raillé en son temps notamment par Voltaire qui disait à propos de ses Cantiques sacrés : “Sacrés ils sont car personne n’y touche”.

La recherche dans la base s’effectue par auteur, titre et sujets principalement mais aussi par éditeur, date, cote, provenance et plein texte. Beaucoup de ces livres sont téléchargeables et l’interface est très agréable à utiliser. Superbe !

Léo Mabmacien

Bonjour,

typographie du livre francais

La typographie du livre français / Sous la direction d’Olivier Bessard-Banquy et Christophe Kechroud-Gibassier. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2008. ISBN 978-2-86781-499-0 (20 €)

Elaboré par la promotion 2006-2008 des étudiants de l’IUT Michel de Montaigne (Bordeaux) et sous la férule de leurs enseignants, La typographie du livre français fait le point sur l’usage de la typographie dans la production française.

Le constat est amer. Du passage du plomb au numérique, de l’offset à la PAO et à l’impression numérique, le livre a énormément évolué mais pas dans le bon sens. Hormis quelques éditeurs (Allia, Fata Morgana…) qui élaborent des livres de qualité, de la couverture à la mise en page intérieure, la plupart des éditeurs se contentent de miser sur une couverture accrochante, laissant le reste à l’avenant (le cas d’Actes Sud est étonnant : format oblong, reliure dos collé, longueur des lignes…). Le métier traditionnel de typographe ou son apprentissage s’est perdu et la mise en page laissé à de vagues connaisseurs de la typo. D’où des ouvrages mal ficelés, de purs produits de consommation courante.

C’est face à cette production facile que sont apparus les tirages limités et de tête (avec beau papier), en plus de l’édition courante. C’est le cas des éditions Gallimard où au début Gaston Gallimard n’hésitait pas à dire que “si le lecteur attache de l’importance à la qualité du livre, qu’il débourse donc la somme nécessaire pour faire l’emplette d’un tirage de tête” !

D’où aussi le développement de la bibliophilie (fin du 19e et début 20e), voulant redonner au livre son caractère rare et unique face à la profusion industrielle !

Après un important chapitre sur une esquisse de l’histoire des caractères (Garamond, Didot, Plantin, aux plus modernes)  et une série passionnante d’entretiens (Jean-François Porchez, Massin, Gérard Berréby des éditions Allia, Franck Jalleau et Philippe Millot) ; un ensemble d’études permet de comprendre au mieux l’importance de la typographie et son “caractère”.  Avec une bibliographie pour compléter le tout.

L’ouvrage se termine par la phrase suivante : “Le dédain de l’objet-livre est indissociable du mépris de la culture générale”.

J’acquiesce des deux mains !

PS : je rajouterais dans la liste des amoureux du bel ouvrage l’éditeur Zulma et sa collection de littérature.

PS 2 : les auteurs fustigent (à juste titre) les éditeurs qui se contentent du brochage. Dommage que les Presses Universitaires de Bordeaux nous proposent un dos carré collé !

Léo Mabmacien

Pour aller plus loin :

La critique du livre sur le BBF et sur le Typographe.

Un site sur l’histoire graphique “Objets livres“.


Bonjour,

tabledutemps

Les almanachs français : bibliographie – iconographie des almanachs….1600-1895 / John Grand-Carteret.  Genève : Slatkine Reprints, 1968

C’est une réimpression de l’édition de Paris, 1896. L’édition originale est parue à Paris chez J. Alisie en 1896.

Voilà un livre de chevet pour tout amateur ou amatrice d’almanachs. Cette volumineuse bibliographie qui s’attaque ici à Paris (plus largement aux éditions éditées et imprimées à Paris et intéressant toute la France). Seule exception les almanachs troyens (bibliothèque Bleue).

Editée à Paris en 1896, son auteur John Grand-Carteret fut journaliste et écrivain. Grand collectionneur (de gravures notamment selon Wikipédia), il s’attaque ici à un gros projet qui devait comporter deux volumes, le deuxième consacré aux éditions de province.

Dans sa préface John Grand-Carteret précise bien que la quasi-totalité des livres décrits ici est passée entre ses mains. Il rajoute que la bibliographie qu’il propose est loin d’être aride : illustrations, descriptions, prix de vente. On s’étonnera de la date de 1600 comme point de départ. L’ auteur s’en explique dans son avant-propos : c’est par manque de matière tout simplement ! Ce qui est dommage puisque l’almanach se développe au 16e !

Le problème de la définition de l’almanach et ce qu’il recouvre lui pose problème et il considère comme almanachs  “les volumes portant ce titre générique, les volumes mis en vente avec calendrier en vue des étrennes, toutes les publications annuelles”.

Après une longue et très intéressante préface on trouve un chapitre sur les affiches d’almanachs de librairies depuis 1789, une liste de catalogues de ventes, des notes sur le tirage des almanachs puis l’icono-bibliographie proprement dite. Elle est classée par ordre chronologique puis par ordre alphabétique de titre. Plus de 3600 almanachs sont décrits. Les illustrations ne sont pas en reste puisque près de 300 vignettes (affiches, reliures, titres…) accompagnent le texte.

On trouvera à la fin une table des gravures, une table alphabétique par titre, par noms et par matières.

Reste une question en suspens : le tome 2 consacré aux éditeurs de province qui n’est jamais paru. Manque de temps, d’argent ?

Plus d’infos :

http://www.louisg.net/almanachs.htm/

Léo Mabmacien

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